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[ articles sur les Roms à Grenoble, en France et ailleurs ]

Archives de Tag: scolarisation

Macédoine : ces enfants qui travaillent plutôt que d’aller à l’école [Le Courrier des Balkans]

source : http://balkans.courriers.info/article23156.html

18.000. Ce serait le nombre d’enfants déscolarisés en Macédoine, selon l’association Megjasi. Des enfants rroms pour la plupart, qui travaillent dans des garages de la capitale ou passent leur journée à biner la terre pour un salaire dérisoire.

 

Nova Makedonija

Macédoine : ces enfants qui travaillent plutôt que d’aller à l’école

Traduit par Slavica Rizovska
Sur la Toile :

Mise en ligne : mercredi 25 septembre 2013
18.000. Ce serait le nombre d’enfants déscolarisés en Macédoine, selon l’association Megjasi. Des enfants rroms pour la plupart, qui travaillent dans des garages de la capitale ou passent leur journée à biner la terre pour un salaire dérisoire. L’instruction est théoriquement obligatoire, mais pas pour tout le monde.

Par Antonija Popovska-Hristov

Ils ont entre 13 et 14 ans. Ils devraient être à l’école. Ils ont choisi de prendre la clé des champs. Certains travaillent dans des garages. D’autres sarclent la terre. Ils gagnent environ 200-300 denars (entre 3 et 5 euros) par jour. Et, souvent, ils trouvent que cela vaut mieux que d’être sur les bancs.

À Strumica, au sud-est du pays, une vingtaine d’enfants travaillent la terre, ou aident leurs parents à faire la vendange, pour une bouchée de pain. La nuit, ils dorment sous des tentes.

En Macédoine, l’instruction est obligatoire. Mais selon la « Première ambassade des enfants dans le monde Megjasi », 18.000 enfants seraient déscolarisés – soit environ 5 % de la population d’âge scolaire.

« Malgré les mesures prises pour intégrer ces enfants dans l’enseignement scolaire, en particulier les enfants des rues, l’approche n’est pas suffisante et la stratégie reste incohérente », regrette l’association Megjasi. Les parents qui dérogent à l’obligation de faire instruire leurs enfants risquent une amende de 1.000 euros. Mais, sur recommandation du ministère de l’Éducation, les inspecteurs se contentent le plus souvent de donner des avertissements.

« Ces enfants ne voient aucune perspective d’avenir dans les livres. Ils ont fini l’école primaire, ils ont appris à lire et à écrire, puis ils ont commencé à travailler pour gagner leur croûte. Leurs parents les y ont parfois même encouragés », racontent des habitants de Butel, une des dix municipalités de Skopje, où de nombreux enfants travaillent dans des garages.

Selon Zoran Uzunov, inspecteur d’école dans la municipalité de Strumica, le nombre d’enfants déscolarisés baisse chaque année. Il y a quelques années, ils étaient 70. Aujourd’hui, ils ne seraient plus qu’une vingtaine.

« Nous avons reçu des recommandations du ministère de l’Éducation et des Sciences pour éviter de pénaliser les parents. Nous leur donnons un avertissement et les informons de l’obligation d’envoyer leurs enfants à l’école. Les enfants d’origine rrom ou turque travaillent principalement aux champs. Ils vivent sur place avec leurs parents, ils sont logés dans des tentes, et ils font les vendanges dans la région de Gevgelija ou de Kavardarci. Nous convoquons les parents à la mairie et nous leur expliquons que l’éducation est obligatoire. On note des changements et une certaine prise de conscience chez eux. Mais il reste encore beaucoup trop d’enfants qui sèchent l’école », explique Zoran Uzunov.

Cette année, à Štip, en Macédoine orientale, sur 436 enfants inscrits en première année, 82 sont manquants. « Certains ont des certificats médicaux justifiant une inscription scolaire retardée. D’autres, nés en janvier, n’ont pas l’âge légal – cinq ans et demi – pour aller à l’école. Enfin, il y a ceux qui sont à l’étranger. Quoi qu’il en soit, nous expliquons aux parents que leurs enfants doivent intégrer le système scolaire, conformément à la loi », rapporte Milena Ristova-Mihajlovska, porte-parole de la municipalité de Štip.

À Prilep, dans la partie méridionale du pays, la majorité des enfants déscolarisés sont rroms. Mais de plus en plus de parents se rendent compte de l’importance de l’éducation et inscrivent désormais leurs enfants à l’école.

En 2012, 392 amendes ont été prononcées par les inspecteurs de l’Éducation nationale. Selon l’association Megjasi, plus de 2.000 enfants déscolarisés sont exploités dans leur travail. 1.500 d’entre eux n’ont pas d’acte de naissance et ne peuvent donc pas faire valoir leurs droits.

Précarité, croyances traditionnelles (surtout quand il s’agit de filles), faible niveau d’études des parents, manque d’écoles en zone rurale ou inaccessibilité de celles-ci expliqueraient pourquoi ces enfants sont exclus du système scolaire.

« Pas d’enfants à la rue, et tous scolarisés », exige RESF [ledauphine.com]

sourcé : http://www.ledauphine.com/isere-sud/2013/03/20/pas-d-enfants-a-la-rue-et-tous-scolarises-exige-resf-gvdw

« Pas d’enfants à la rue, et tous scolarisés », exige RESF

Une famille roumano-hongroise (un couple et ses trois enfants) a été expulsée durant les vacances scolaires de ces préfabriqués de Fontaine (photo prise début décembre 2012). Photo Archives DL/Marc GREINERUne famille roumano-hongroise (un couple et ses trois enfants) a été expulsée durant les vacances scolaires de ces préfabriqués de Fontaine (photo prise début décembre 2012). Photo Archives DL/Marc GREINER

Que se passera-t-il le 31 mars, à l’issue de la “trêve hivernale”, pour les quelque 600 personnes de l’agglomération grenobloise, dont une centaine de Roms (pour la plupart Roumains), actuellement hébergées via le dispositif d’hébergement d’urgence mis en place durant l’hiver ?

C’est la question que posent les militants _ pour la plupart des enseignants _ de Réseau éducation sans frontières (RESF) du canton de Saint-Égrève, quelques jours après l’expulsion d’une famille roumano-hongroise (un couple et ses trois enfants) du campement de préfabriqués de Fontaine, au motif que le père de famille a utilisé une plaque électrique chauffante dans le logement, ce que le règlement interdit.

« Ce camp de Fontaine, qui abrite depuis début décembre 2012 une quinzaine de familles totalisant une cinquantaine de personnes (alors expulsées du camp de Saint-Martin-le-Vinoux), dispose d’une cuisine commune avec seulement deux plaques chauffantes pour tout le monde, c’est donc impossible de ne pas cuisiner dans son logement », argumente RESF.

« Si on ne fait rien, c’est une intégration réussie qu’on va fragiliser »

La famille expulsée est, depuis, hébergée « chez des amis », mais cette expulsion a bien sûr une fois de plus traumatisé les enfants. « Ils ont manqué 3 des 8 premiers jours d’école à la rentrée, après les vacances, témoigne l’institutrice qui les suit sur Saint-Martin-le-Vinoux. Et que va-t-il se passer après le 31 mars, si toutes ces familles se retrouvent sans logement ? Ils risquent de ne plus venir à l’école, et c’est dramatique quand des enfants ne viennent plus à l’école, car ils ont fait des efforts, leurs familles ont fait des efforts. Et quand des gamins n’ont plus accès à l’école, ils ont accès à la rue. Le fait d’avoir accès à l’école, ça montre aussi aux autres enfants, aux parents, aux collègues enseignants, que ces Roumains sont des gens comme tout le monde : ça lève pas mal de tabous, de préjugés ».

Alors que des dizaines d’enfants (roms ou pas) risquent de se retrouver à la rue à la fin de mois, RESF rappelle son exigence : « Qu’il n’y ait pas d’enfants à la rue, même au printemps, même en été, qu’ils soient tous scolarisés, que les familles aient des papiers pour assurer la poursuite de cette scolarité normale. Cette poursuite était promise par le maire de Saint-Martin-le-Vinoux quand ces familles ont été expulsées du camp de Saint-Martin-le-Vinoux ».

Ces membres de RESF ont alerté François Brottes, député, et Pierre Ribeaud, conseiller général du canton de Saint-Égrève, de la situation, mais n’ont eu aucun retour. « On veut voir rapidement Olivier Noblecourt, vice-président de la Métro chargé de l’hébergement, et Yannik Ollivier, maire de Saint-Martin-le-Vinoux, pour dire que ces familles jouent le jeu, et que si on ne fait rien, c’est une intégration réussie qu’on va fragiliser ».

par Vincent PAULUS le 20/03/2013 à 07:19 Vu 163 fois

La nouvelle vie des Roms de Gardanne [metro]

source : http://www.metrofrance.com

Créé 24-10-2012 11:54 | Mis à jour 24-10-2012 18:55
roms

La mairie de Gardanne a mis à disposition le terrain de  l’ancien « Puits Z » pour installer les familles roms. Photo : EM

La nouvelle vie des Roms de Gardanne

Installés par la municipalité de Gardanne sur un terrain au nord de la ville, 62 roms vivent à l’abri des expulsions. Une solution temporaire pour la mairie qui renvoie la préfecture à ses responsabilités.

Une alternative aux expulsions. Depuis un mois et demi, la mairie de Gardanne a mis à disposition un terrain au nord de la ville pour 11 familles roms. D’apparence, le campement installé sur cet ancien site minier ressemble à n’importe quel autre, avec des caravanes et des abris de fortune. A quelques exceptions près. A l’entrée, un ballon d’eau de 20 000 litres jouxte des sanitaires mobiles, tandis que des groupes électrogènes tournent à plein régime.

Une véritable bouée de sauvetage pour Virginia, en train de faire une lessive. « Pas la police ici, pas la police ! dit-elle dans un français un peu hésitant. Ici, c’est bien, on peut rester, ce n’est pas comme à Marseille. Là-bas, c’est la police tout le temps, se remémore-t-elle en espérant des jours meilleurs. Je veux trouver un emploi pour le ménage, je peux faire ». Une projection vers l’avenir encore « impossible » il y a quelques temps, confie Pavel, 12 ans. « Avant, on ne pouvait rien faire. Maintenant, je vais pouvoir aller au collège, dès la semaine prochaine. J’aimerais apprendre à bien lire le français pour pouvoir travailler plus tard ».

Une solution encore provisoire

L’espoir de Pavel ? « Un exemple d’intégration possible », répond Christian Huc. Chef de la police municipale, il veille sur la sécurité du campement en tenant un discours humaniste et ferme à la fois. « C’est un travail quotidien, nos équipes viennent le matin et le soir pour vérifier si tout va bien. Il y 62 personnes, pas une de plus. On ne peut pas accepter d’autres Roms. C’était la condition au départ » assure-t-il en jetant un coup œil sur un groupe d’hommes partant chercher de la ferraille. « Ça leur rapporte entre 300 et 400 euros par mois » explique Georges Felouzis, directeur du centre communal d’action sociale (CCAS) de Gardanne.

Dans quelques semaines, ses services installeront des mobile homes sur le campement pendant la période hivernale. « Une solution temporaire, rappelle le maire communiste de la ville, Roger Meï. Nous apportons une réponse humanitaire, c’est dans la culture de la ville. Mais ce n’est pas à nous de faire ce travail, c’est à l’Etat de prendre ses responsabilités. C’est à lui de trouver une solution pour ces familles ». D’un montant de 30 000 euros, le coût de l’installation du campement a été pour le moment pris en charge par la ville, mais le maire entend bien envoyer la facture à la préfecture.

Eric Miguet

eric.miguet@publications-metro.fr

 

 

Lettre ouverte aux habitants de Saint‑Martin‑le‑Vinoux et à Monsieur le maire ainsi qu’aux élus de la commune [Indymedia Grenoble]

source : http://grenoble.indymedia.org

Lettre ouverte aux habitants de Saint‑Martin‑le‑Vinoux et à Monsieur le maire ainsi qu’aux élus de la commune

lundi 15 octobre 2012 par les habitant-e-s du campement de Saint-Martin-le-Vinoux, le collectif La Patate Chaude et RESF Saint-Egrève

[Infos locales] [Migrations / Sans-paps] [Logement / Squats]

Ce texte a été écrit par les habitants du campement de la Casamaures ainsi que des personnes du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) et du collectif « la Patate chaude », qui l’ont mis en forme.

Chers Saint-Martiniers, chères Saint-Martinières,

Le maire de votre commune a écrit, dans la dernière édition du « Bref », journal d’information de la ville, un édito fourre-tout qui mêle problèmes sociaux et catastrophe naturelle comme s’ils étaient comparables. Dans ce texte, il parle notamment du camp de Roms de la Casamaures : il évoque l’occupation « illégale » d’un terrain privé, à laquelle le propriétaire ne s’oppose toutefois pas (donc pas illégale), et que lui voudrait faire expulser. Il parle d’« activités mafieuses, allant du racket en passant par la prostitution ». Ce que nous savons avec certitude, c’est qu’une cinquantaine de personnes vivent sur ce campement sans eau ni électricité, sans sanitaires et sans moyen d’évacuer les ordures qui s’accumulent immanquablement sur le terrain, vivotant tant bien que mal d’expédients. Et si cette situation a parfois pour corollaire des nuisances pour le voisinage, ce sont bien les personnes du campement qui en sont les premières victimes.

Celles qui ont essayé, avec notre aide et celle des associations Un Toit Pour Tous et Roms Action, d’obtenir un hébergement ont essuyé des refus. Malgré cela, ces personnes s’efforcent de vivre, et notamment de scolariser leurs enfants – dont certains sont les camarades de classe des vôtres – espérant ainsi en un futur meilleur que leur présent. Cet espoir, une expulsion du campement qui les enverrait loin de leur école y mettrait fin.

Ce que les habitants du campement aimeraient vous dire…

« Nous voulons vivre ici à Saint-Martin-le-Vinoux… Cela fait plusieurs années que nous sommes arrivés en France, espérant trouver dans ce pays une place pour vivre loin de la ségrégation et de la misère que subissent les Roms depuis des décennies. Nous venons pour beaucoup d’entre nous de Roumanie ou des pays qui sont entrés récemment dans l’Union européenne. A ce titre-là, nous devrions avoir les mêmes droits que tous les autres migrants d’Europe : la libre circulation et installation des personnes.

Or il n’en n’est rien ! On nous chasse de partout, nous obligeant à chaque expulsion à reconstruire un habitat de fortune avec nos familles, dans des conditions indignes de cette Europe.

Beaucoup d’entre vous ignorent qui nous sommes. Seule l’image de Roms nomades nous colle à la peau avec son cortège de clichés réducteurs (prostitution, vols, mendicité). Mais qui sait que les ressortissants roumains et bulgares sont soumis à un statut spécial pour l’emploi qui est appliqué essentiellement pour les pauvres, dont les Roms ? Celui-ci restreint notre accès au travail. Seuls quelques métiers nous sont autorisés, et encore, à la condition que l’employeur s’acquitte d’une somme à payer aux pouvoirs publics. Cette restriction court jusqu’en 2014. Et seul le préfet délivre les autorisations d’embauche.

Nous savons que la France s’est construite ainsi par des venues successives de migrants, qui ont apporté leurs différences et aussi leurs richesses culturelles. C’est pourquoi nous, habitants du campement, soutenus par le collectif « la Patate Chaude » et le Réseau Éducation Sans Frontières, nous voulons vous faire part de notre désir de vivre ici sur cette commune où nos enfants sont scolarisés (ce qui a d’ailleurs permis de garder une classe sur la commune).

Nous sommes ouverts au dialogue pour vous expliquer qui nous sommes et aussi pour vous dire que dans les conditions de dénuement et d’insalubrité où nous sommes, il est parfois difficile de vivre selon les critères qui ont cours dans une communauté ayant l’eau, des sanitaires, un ramassage d’ordures… et des ressources – celles du travail, ou les allocations pour celles et ceux qui sont frappées par le chômage. Toutes ces choses qu’on appelle la misère quand on ne les a pas.

Si à certains moments vous avez pu être dérangés par des nuisances de tout ordre, nous avons le désir d’en faire disparaître les causes et de vivre en bons termes avec vous. Ce campement peut vivre sans gêner le voisinage, en l’aménageant (eau potable, évacuation des eaux usées, ramassage des ordures). Nous sommes prêts à participer financièrement, au regard de nos faibles revenus. Mais ce que nous voulons c’est un logement durable sans éclatement de nos familles. »

Il faut que les pouvoirs publics proposent des solutions dignes et adaptées aux personnes qui vivent sur ce campement. Le RESF et le collectif « la Patate Chaude » soutiennent les démarches des habitants, ne voulant pas voir la haine et le rejet de l’étranger revenir au grand galop, jetant les peuples les uns contre les autres, dans un pays qui se dit « patrie des droits de l’Homme » et se targue du droit à l’éducation. Nous gardons en mémoire ce que l’on a fait subir aux Juifs et aux Roms entre 1940 et 1945. Ce qui se passe actuellement avec les expulsions des camps de Roms doit interpeller chacun et chacune d’entre nous. Nous ne devons pas oublier que quelle que soit notre origine et notre culture, nous pouvons vivre ensemble. Nous espérons que les habitants et habitantes de Saint-Martin-le-Vinoux soutiendront cette démarche, afin qu’une solution humaine soit trouvée aux problèmes des personnes qui vivent bien malgré elles dans la misère sur ce campement.

Nous, habitants du campement et membres de RESF et de la Patate Chaude, allons rencontrer prochainement monsieur le maire et les élus de Saint-Martin le Vinoux afin de débattre de l’avenir des familles sur cette commune.

D’après des enquêtes récentes, l’exclusion des Roms reste généralisée [F.R.A.]

source : Agence des droits fondamentaux – EU Fundamental Rights Agency

D’après des enquêtes récentes, l’exclusion des Roms reste généralisée

23 May 2012 – Selon un nouveau rapport publié conjointement par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de nombreux Roms continuent à faire l’objet de discriminations et d’exclusion sociale dans l’ensemble de l’UE. La situation des Roms est généralement moins bonne que celle des non-Roms vivant à proximité. Le rapport est basé sur deux enquêtes sur la situation socioéconomique des Roms et des non-Roms vivant dans des environnements proches dans 11 États membres de l’UE et dans des pays européens voisins.

« Les résultats de ces enquêtes dressent un tableau sombre de la situation actuelle des Roms dans l’ensemble des 11 États membres de l’UE étudiés », déclare Morten Kjaerum, directeur de la FRA. « Les discriminations et l’anti-tsiganisme persistent. Les résultats montrent qu’une action rapide et efficace est nécessaire, notamment pour améliorer l’éducation des Roms. Cet élément est essentiel pour libérer leur potentiel futur et donner aux jeunes Roms les compétences dont ils ont besoin pour échapper au cercle vicieux de la discrimination, de l’exclusion et de la pauvreté. »

Le rapport révèle que dans les 11 États membres de l’UE étudiés, où vit l’écrasante majorité des citoyens roms de l’UE, la situation des Roms dans les domaines de l’emploi, de l’éducation, du logement et de la santé est en moyenne moins bonne que celle des non-Roms vivant à proximité. Les Roms continuent de subir des discriminations et ne sont pas suffisamment conscients des droits qui leur sont garantis par la législation de l’UE.

Voici quelques-uns des principaux constats:

  • seulement 15 % des jeunes Roms adultes interrogés ont achevé un enseignement secondaire supérieur, général ou professionnel, contre plus de 70 % de la population majoritaire vivant dans un environnement proche ;
  • en moyenne, moins de 30 % des Roms interrogés ont un emploi salarié ;
  • environ 45 % des Roms interrogés vivent dans des logements dépourvus d’au moins une des commodités suivantes : cuisine, toilettes, salle de douche ou de bain privatives, électricité ;
  • en moyenne, environ 40 % des Roms interrogés vivent dans un ménage dont un membre s’est privé de manger au moins une journée au cours du mois écoulé par manque de moyens pour se procurer de la nourriture.

« Le partenariat constitué par quatre organisations internationales [la FRA, le PNUD, la Banque mondiale et la Commission européenne] dans le cadre de cette étude émet un message fort : les difficultés rencontrées par la population rom sont d’une telle gravité qu’elles nécessitent une réaction concertée. Cette publication montre qu’une telle approche commune et concertée est possible et qu’elle donne des résultats », affirme Andrey Ivanov, haut conseiller politique du PNUD chargé du développement humain et de l’inclusion des Roms.

Les enquêtes ont permis de documenter la situation sur le terrain. Les résultats fournissent aux responsables politiques les éléments nécessaires à l’élaboration de mesures politiques efficaces pour remédier à la situation. Les résultats des enquêtes ont été intégrés à la communication de la Commission européenne sur les Roms, qui sera également présentée à Bruxelles le 23 mai 2012.

Veuillez trouver ici le rapport:The situation of Roma in 11 EU Member States – Survey results at a glance(La situation des Roms dans 11 États membres de l’UE)

Note aux rédacteurs:

  • Les 22 203 Roms et non-Roms interviewés dans le cadre des enquêtes de la FRA et du PNUD ont fourni des informations sur 84 287 membres des cellules familiales concernées en Bulgarie, République tchèque, France, Grèce, Hongrie, Italie, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie et Espagne. Les entretiens ont été effectués en face-à-face au domicile des répondants roms et non roms, tous vivant à proximité les uns des autres et partageant donc les mêmes infrastructures et les mêmes conditions de marché du travail.
  • Le rapport en question présente les premiers résultats des enquêtes basées sur une analyse d’une petite partie des données disponibles, qui seront rendues publiques ultérieurement dans des rapports thématiques. Ces enquêtes et celles qui suivront fourniront aux responsables politiques les données nécessaires à l’élaboration de politiques effectives pour la réalisation des objectifs visés dans la communication de la Commission européenne d’avril 2011 sur un cadre de l’UE relatif aux stratégies nationales pour l’intégration des Roms jusqu’en 2020. Dans sa communication, la Commission a demandé à la FRA de continuer à surveiller la situation et d’agir de concert avec les États membres de l’UE en les aidant à mettre en place des mécanismes de surveillance fiables permettant de mesurer les progrès accomplis dans la durée et de manière comparative.
  • Les deux enquêtes ont été menées au moyen d’un questionnaire de base identique.
  • L’enquête de la FRA s’est focalisée sur les questions liées aux droits de l’homme, comme la discrimination et la connaissance des droits. La FRA mènera deux nouvelles enquêtes dans les prochaines années jusqu’en 2020 pour cerner les tendances dans le temps et d’un pays à l’autre.
  • L’enquête du PNUD, de la Banque mondiale et de la Commission européenne a examiné de plus près la situation socioéconomique des Roms dans une sélection de pays de l’UE et de pays de l’Europe du Sud-Est non membres de l’UE. Elle fournit des données de base pour les nouvelles stratégies d’intégration des Roms et permet d’examiner la dynamique des processus d’intégration des Roms, par comparaison à 2004, date à laquelle le PNUD a effectué une enquête similaire. Les travaux réalisés par le PNUD en partenariat avec la Banque mondiale ont été financés par la direction générale de la politique régionale de la Commission européenne ainsi que par les ressources de base du PNUD et du Fonds fiduciaire nordique de la Banque mondiale.
  • Les États membres de l’UE ont élaboré des stratégies nationales pour l’intégration des Roms. Les collectivités doivent nouer le dialogue avec les Roms et les non-Roms au niveau local pour mettre en oeuvre ces plans visant à instaurer la confiance, renforcer la cohésion sociale et lutter contre les discriminations et l’anti-tsiganisme.

Pour de plus amples informations, veuillez prendre contact avec :

Document(s)

  • (Communiqué de presse) D’après des enquêtes récentes, l’exclusion des Roms reste généralisée  françaisБългарски ĿeštinadanskDeutscheesti keelελληνικάEnglishespañolHrvatskaitalianolatviešu valodalietuvių kalbamagyarNederlandspolskiportuguêsromânĿslovenĿinaslovenšĿinasuomisvenska  application/pdf (PDF File 291 KB)
  • (Media memo) The situation of Roma in 11 EU Member States  françaisБългарски ĿeštinadanskDeutscheesti keelελληνικάEnglishespañolHrvatskaitalianolatviešu valodalietuvių kalbamagyarNederlandspolskiportuguêsromânĿslovenĿinaslovenšĿinasuomisvenska  application/pdf (PDF File 96 KB)

Retour sur… la directrice et les enfants roms de Bobigny [France Culture]

source :  franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre

à écouter : 28 min

Retour sur… la directrice et les enfants roms de Bobigny

25.11.2011 – 13:30

Veronique Decker et ses élèves roms dans le quartier de « la folie » à Bobigny Leila Djitli©Radio France

En octobre 2010, à la suite de l’évacuation d’un camp de Roms, Véronique Decker, directrice de l’école Marie Curie de Bobigny, avait aidé des familles à trouver des solutions afin que les enfants ne dorment pas dehors et puissent continuer à venir régulièrement à l’école. Etat des lieux un an après.
Reportage : Leila Djitli

Réalisation : Julie Beressi

La première émission, il y a 1 an : franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre

à écouter : 28 min

et à lire 40 commentaires intéressants

La directrice

05.10.2010 – 13:30

Les Roms de Bobigny Leila Djitli © Radio France

Depuis l’évacuation d’un camp de Roms où vivaient plusieurs enfants de l’école Marie Curie de Bobigny,  la directrice, qui y a assisté, est entrée en résistance. Après avoir accueilli les familles dans son école, elle cherche une solution afin que les enfants ne passent pas la nuit dehors.

Reportage : Leila Djitli

Réalisation : Julie Beressi

Un grand merci à Véronique Decker, Valérie Portet, Véronique Maillet, à toute l’équipe et au personnel de l’école Marie Curie ainsi qu’aux familles roms.

… et l’émission de la veille, dont on parle dans les commentaires : bobigny-1-la-lecon-2010-10-04.html

à écouter : 28 min

et à lire 28 commentaires intéressants

La leçon

04.10.2010 – 13:30

Les Roms de Bobigny avec Leila Djitli Véronique Decker©DR

Valérie Portet, membre du collectif de soutien aux Roms de Bobigny est institutrice d’une classe de CM1 à l’école Marie Curie de Bobigny. Choquée par la récente évacuation d’un camp de Bobigny dans lequel vivent des enfants de l’école, elle étudie en classe un article du journal «  Bonjour Bobigny » dans lequel est relatée l’histoire des Roms.

Reportage : Leila Djitli

Réalisation : Julie Beressi

Un grand merci à Véronique Decker, Valérie Portet, Véronique Maillet, à toute l’équipe et au personnel de l’école Marie Curie ainsi qu’aux familles roms.

Les Roms indésirables à La Tronche [20minutes]

source : 20minutes grenoble

Les Roms indésirables à La Tronche

Créé le 24/11/2011 à 03h33

Social

Les associations dénoncent les propos et politiques discriminatoires du maire

C’est le plus grand camp de l’agglomération. A La Tronche, face à Décathlon et à deux pas du CHU, une centaine de Roms roumains s’entassent dans des baraquements de fortune, sans eau ni électricité. Pamela y est arrivée il y a neuf mois avec ses deux garçons et sa petite fille malade et aveugle. Elle tente difficilement de joindre les deux bouts avec quelques aides versées par des associations mais « la vie est très dure : on voit des rats tous les soirs dans la baraque et on n’a ni toilettes ni bois pour le chauffage. » Malgré un rude hiver à venir, Pamela ne peut pas partir. Elle attend en effet « son mari, en prison pour vol de cuivre. » « On vole pour manger, se défend un autre Rom. Si on avait du travail, on ne le ferait pas, mais on refuse de nous en donner alors que nous sommes européens. »

Refus de scolarisation
La présence des Roms à La Tronche exaspère le maire Hervé-Jean Bertrand-Pougnand. Dans un récent éditorial du journal municipal, il pointe pêle-mêle « trafics, prostitution, tapages nocturnes, brûlages de câbles, dépôts de déchets sauvages, vols, agressions… » « Le maire parle d’hygiène déplorable mais il ne remplit pas ses obligations de dératisation ou d’installation de bennes à ordures », ironise un membre de la Patate Chaude. L’association dénonce « des propos racistes et des politiques discriminatoires. Il refuse de scolariser les enfants roms, ce qui est illégal. » 20 Minutes a cherché hier a contacter le maire, qui n’était pas joignable.

Manuel Pavard
Des discriminations illégales ?
Selon la Patate Chaude, le refus de fournir les services de voirie et de scolariser les enfants sur la commune est illégal. Le maire considère que les Roms occupent un terrain sans droit ni titre et rejette la domiciliation par le CCAS. L’association songe à porter plainte si elle parvient à prouver la discrimination selon des critères ethniques.