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Archives de Tag: Le Courrier des Balkans

Macédoine : ces enfants qui travaillent plutôt que d’aller à l’école [Le Courrier des Balkans]

source : http://balkans.courriers.info/article23156.html

18.000. Ce serait le nombre d’enfants déscolarisés en Macédoine, selon l’association Megjasi. Des enfants rroms pour la plupart, qui travaillent dans des garages de la capitale ou passent leur journée à biner la terre pour un salaire dérisoire.

 

Nova Makedonija

Macédoine : ces enfants qui travaillent plutôt que d’aller à l’école

Traduit par Slavica Rizovska
Sur la Toile :

Mise en ligne : mercredi 25 septembre 2013
18.000. Ce serait le nombre d’enfants déscolarisés en Macédoine, selon l’association Megjasi. Des enfants rroms pour la plupart, qui travaillent dans des garages de la capitale ou passent leur journée à biner la terre pour un salaire dérisoire. L’instruction est théoriquement obligatoire, mais pas pour tout le monde.

Par Antonija Popovska-Hristov

Ils ont entre 13 et 14 ans. Ils devraient être à l’école. Ils ont choisi de prendre la clé des champs. Certains travaillent dans des garages. D’autres sarclent la terre. Ils gagnent environ 200-300 denars (entre 3 et 5 euros) par jour. Et, souvent, ils trouvent que cela vaut mieux que d’être sur les bancs.

À Strumica, au sud-est du pays, une vingtaine d’enfants travaillent la terre, ou aident leurs parents à faire la vendange, pour une bouchée de pain. La nuit, ils dorment sous des tentes.

En Macédoine, l’instruction est obligatoire. Mais selon la « Première ambassade des enfants dans le monde Megjasi », 18.000 enfants seraient déscolarisés – soit environ 5 % de la population d’âge scolaire.

« Malgré les mesures prises pour intégrer ces enfants dans l’enseignement scolaire, en particulier les enfants des rues, l’approche n’est pas suffisante et la stratégie reste incohérente », regrette l’association Megjasi. Les parents qui dérogent à l’obligation de faire instruire leurs enfants risquent une amende de 1.000 euros. Mais, sur recommandation du ministère de l’Éducation, les inspecteurs se contentent le plus souvent de donner des avertissements.

« Ces enfants ne voient aucune perspective d’avenir dans les livres. Ils ont fini l’école primaire, ils ont appris à lire et à écrire, puis ils ont commencé à travailler pour gagner leur croûte. Leurs parents les y ont parfois même encouragés », racontent des habitants de Butel, une des dix municipalités de Skopje, où de nombreux enfants travaillent dans des garages.

Selon Zoran Uzunov, inspecteur d’école dans la municipalité de Strumica, le nombre d’enfants déscolarisés baisse chaque année. Il y a quelques années, ils étaient 70. Aujourd’hui, ils ne seraient plus qu’une vingtaine.

« Nous avons reçu des recommandations du ministère de l’Éducation et des Sciences pour éviter de pénaliser les parents. Nous leur donnons un avertissement et les informons de l’obligation d’envoyer leurs enfants à l’école. Les enfants d’origine rrom ou turque travaillent principalement aux champs. Ils vivent sur place avec leurs parents, ils sont logés dans des tentes, et ils font les vendanges dans la région de Gevgelija ou de Kavardarci. Nous convoquons les parents à la mairie et nous leur expliquons que l’éducation est obligatoire. On note des changements et une certaine prise de conscience chez eux. Mais il reste encore beaucoup trop d’enfants qui sèchent l’école », explique Zoran Uzunov.

Cette année, à Štip, en Macédoine orientale, sur 436 enfants inscrits en première année, 82 sont manquants. « Certains ont des certificats médicaux justifiant une inscription scolaire retardée. D’autres, nés en janvier, n’ont pas l’âge légal – cinq ans et demi – pour aller à l’école. Enfin, il y a ceux qui sont à l’étranger. Quoi qu’il en soit, nous expliquons aux parents que leurs enfants doivent intégrer le système scolaire, conformément à la loi », rapporte Milena Ristova-Mihajlovska, porte-parole de la municipalité de Štip.

À Prilep, dans la partie méridionale du pays, la majorité des enfants déscolarisés sont rroms. Mais de plus en plus de parents se rendent compte de l’importance de l’éducation et inscrivent désormais leurs enfants à l’école.

En 2012, 392 amendes ont été prononcées par les inspecteurs de l’Éducation nationale. Selon l’association Megjasi, plus de 2.000 enfants déscolarisés sont exploités dans leur travail. 1.500 d’entre eux n’ont pas d’acte de naissance et ne peuvent donc pas faire valoir leurs droits.

Précarité, croyances traditionnelles (surtout quand il s’agit de filles), faible niveau d’études des parents, manque d’écoles en zone rurale ou inaccessibilité de celles-ci expliqueraient pourquoi ces enfants sont exclus du système scolaire.

Serbie : expulsion « illégale » d’un camp rrom de Belgrade [Le Courrier des Balkans]

source : Le Courrier des Balkans   http://balkans.courriers.info/article19432.html
B92

Serbie : expulsion « illégale » d’un camp rrom de Belgrade

Traduit par Stéphane Surprenant
Sur la Toile :

Publié dans la presse : 7 mars 2012
Mise en ligne : samedi 10 mars 2012
La mairie de Belgrade a commencé à expulser les Roms d’un bidonville de Novi Beograd mercredi 7 mars 2012. L’ONG Praxis assure que les normes internationales n’ont pas été respectées durant le processus d’évacuation. La moitié des familles du camp doivent être prochainement expulsées vers le Kosovo.

Selon le plan initialement évoqué, les familles Roms visées par l’expulsion devaient être relogées dans des installations installées à Makiš, Rakovica, Mladenovac et Barajevo. En fait, seules 15 des 33 familles du bidonville de Novi Beograd auront finalement droit à de nouvelles résidences.


Écoutez notre reportage sur Balkanophonie :
Belgrade : hiver 2009, les Rroms de Gazela chassés par un incendie

Retrouvez sur notre boutique en ligne :
L’exemple des Roms / Les Roms pour l’exemple


« Les familles restantes, qui sont considérées comme des candidates au rapatriement volontaire au Kosovo et dont les maisons ont été reconstruites, seront expulsées le 16 mars. Voilà pourquoi on ne leur a pas offert de logement alternatif », constate le conseiller financier de l’ONG Praxis, Danilo Ćurčić.

Il a toutefois prévenu que certaines familles ne pourraient pas retourner au Kosovo pour des raisons de sécurité évidentes. Selon les informations de l’ONG, trois familles ont refusé d’être relogées dans des centres d’habitation collectifs, situés à Rača Kragujevačka et Gamzigradska Banja.

Praxis souligne en outre que les textes internationaux relatifs aux droits de la personne, et en premier lieu la Convention sur les droits économiques, sociaux et culturels, garantissent le droit au logement ou à un logement alternatif dans le cas d’une éviction forcée. 
 « Le résultat de l’expulsion forcée de personnes ne devrait pas être de placer ces gens dans une situation où, non seulement ils se retrouvent sans domicile fixe, mais qui seront en plus exposés aux violations de leurs autres droits fondamentaux ; il faut donc que le logement alternatif soit adéquat », indique l’ONG dans un communiqué.

L’ONG observe en outre que les membres de ces familles n’ont jamais été inscrits sur un registre d’état-civil, qu’ils ne se sont jamais prévalus de leurs droits sociaux ou de leurs droits à des soins, et qu’ils ne sont jamais parvenus à trouver un emploi.

Augmentation des demandeurs d’asile en Serbie : panique au village à Banja Koviljača [Le Courrier des Balkans]

source « Le Courrier des Balkans » : http://balkans.courriers.info/article18594.html
En Serbie ce sont les réfugiés africains, afghans et pakistanais qui sont un danger pour la population et qu’il faut chasser du pays.
En France ce sont les demandeurs d’asile macédoniens et serbes. ..
Le Courrier de la Serbie

Augmentation des demandeurs d’asile en Serbie : panique au village à Banja Koviljača

De notre envoyé spécial
Sur la Toile :

Mise en ligne : samedi 12 novembre 2011
La Serbie est « prise au dépourvu » par l’arrivée croissante de migrants sur son territoire. Le pays compte aujourd’hui quelque 2.700 demandeurs d’asile, soit 35 fois plus qu’en 2008. Or, la place manque. À Banja Koviljača, où se trouve l’un des deux centres d’accueil du pays, les réfugiés d’Afrique et du Moyen-Orient vagabondent dans les rues, provoquant l’inquiétude des habitants qui ont organisé une manifestation dimanche dernier et appellent à des actions de boycott.

Par Philippe Bertinchamps

« Les réfugiés africains, afghans et pakistanais sont un danger pour la population. Ils sont porteurs de maladies : la tuberculose, la jaunisse et le sida. Il faut les chasser du pays », s’exclame une adolescente. Dimanche 6 novembre, quelque 2.000 habitants de Banja Koviljača, petite ville thermale sur la Drina, à quelques encablures de la frontière bosnienne, se sont rassemblés pour protester contre l’afflux de demandeurs d’asile et de réfugiés clandestins.


Écoutez notre reportage sur Balkanophonie :
Demandeurs d’asile en Serbie : panique au village de Banja Koviljača


« Selon la police, ils sont 2.500. C’est trop ! Moi, je n’ai rien contre eux. Je veux juste qu’ils s’en aillent. Ils font peur aux gens. La nuit venue, les enfants n’osent plus sortir », s’insurge une mère de famille qui brandit une pancarte « Sécurité pour nos enfants ». « Les opprimés des pays étrangers, je ne sais pas comment on les appelle, il y en a beaucoup », grommelle un grand-père. « Ils vagabondent en ville, certains dorment dans le parc, d’autres dans des caves, des porcheries, des wagons abandonnés… » « Le Parti radical de Serbie soutient les citoyens de Banja Koviljača. Ils ont le droit de s’organiser, car leur sécurité est en péril. Selon les statistiques, 3.000 clandestins errent dans les rues, et leur nombre croît de jour en jour. Le coupable, c’est l’État », affirme un homme qui porte au revers de sa veste un badge à l’effigie de Vojislav Šešelj.

Depuis quelques semaines, des grognements se font entendre dans cette bourgade d’apparence paisible, réputée pour ses eaux souffrées. Le 27 octobre, un fait divers a provoqué l’émoi dans la communauté : une ressortissante britannique, de passage en Serbie, a porté plainte après avoir été victime d’un viol collectif. Des agresseurs présumés, cinq Afghans, un seul a été identifié – Abdurashid D., 25 ans – et arrêté. Ce 6 novembre, sur une estrade de la place centrale, une banderole porte l’inscription « À qui le tour ? ». Un orateur prend la parole : « Cette réunion est une initiative des parents mécontents qui craignent pour la sécurité de leurs enfants. On attend que les autorités réagissent… »

Banja Koviljača a pourtant l’habitude des demandeurs d’asile. La ville dispose d’un centre d’hébergement – l’un des deux seuls que compte la Serbie, le second étant à Bogovođa, près de Valjevo, également dans l’ouest du pays. Le problème, c’est le manque de place. Au total, les deux centres disposent de 250 lits, dont 84 à Banja Koviljača. Or, le nombre de demandeurs d’asile augmente d’année en année. Selon le ministère de l’Intérieur, en 2008, ils étaient 77. En 2009, 275. En 2010, 522. En octobre 2011, 2.700.


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D’après les données de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), la majorité d’entre eux vient d’Afghanistan (218 en 2009, 318 en 2010), de Palestine, d’Irak, du Pakistan et de Somalie. Jusqu’en 2009, les institutions et infrastructures parvenaient à répondre aux demandes. Mais depuis, le système est « dépassé ». En l’absence de mesures concrètes prises par les autorités, faute de ressources humaines et financières, et déroutés par un phénomène nouveau qu’ils appréhendent avec méfiance, les comités de parents de Banja Koviljača ont refusé d’envoyer leurs enfants à l’école « jusqu’à ce que le problème soit résolu ». Selon B92, lundi matin, 20 écoliers sur 400 étaient sur les bancs ( voir la vidéo ). Une action désapprouvée par le ministre de l’Éducation, Žarko Obradović.

La jeunesse serbe, « un grand problème »

Dans la cour d’un entrepôt près du chemin de fer, une trentaine de réfugiés afghans et pakistanais, des hommes seuls, profitent du soleil d’automne. Parler ? Allons bon ! Et en quelle langue ? « No English. Ourdou. No English… » Mais peu à peu, les langues se délient. Bientôt, certains exhibent leurs cicatrices, d’anciennes blessures par balle. « Nous avons fui notre pays à cause de la guerre. Là-bas, chaque jour, on risque sa vie », raconte Ajaz Ahmed, 32 ans, un Pakistanais du Khyber Pakhtunkhwa, l’ancienne Province de la Frontière-du-Nord-Ouest, une zone ravagée par les combats entre l’armée et les talibans, et par les drones américains. Il est arrivé clandestinement en Serbie « il y a deux, trois mois ». Le voyage, il ne s’en souvient pas. Il a pris des somnifères et dormi, caché dans un camion. Ce qu’il souhaite ? « Vivre en Serbie. We love Serbia ! Donnez-nous les papiers, nous respecterons les règles de ce pays. Nous ne sommes pas dangereux. Nous voulons vivre en paix, c’est tout ». Un de ses compagnons, Javced Khan, prend la parole : « Les Serbes, ils sont O.K. L’ancienne génération, surtout. Mais les jeunes… big problem ! Parfois, ils descendent par groupe de 20, 25, et ils nous battent. La nuit dernière, ils ont fracturé le crâne de deux d’entre nous ».

« Les immigrés clandestins venus d’Afghanistan ou du Pakistan passent par la Turquie, la Grèce et la Macédoine. Leur voyage est organisé par des mafias régionales qui travaillent à la manière d’une chaîne, d’un pays à l’autre. Certains ne font que transiter par la Serbie, espérant rejoindre la zone Schengen, d’autres souhaitent s’y installer. Peu importe la manière dont ils sont entrés dans le pays. Ce qui compte, une fois sur le territoire, c’est de régulariser leur situation », explique Miroslava Jelačić, de l’ONG Grupa 484. « Vu la position géographique de la Serbie et le processus d’intégration européenne, de plus en plus de migrants viendront en tant que demandeurs d’asile, poursuit-elle. Les autorités doivent favoriser les conditions d’une bonne intégration. Cela passe notamment par l’aide au logement, à l’apprentissage de la langue, à l’emploi. Mais il faut que la communauté locale accepte les demandeurs d’asile. Dans un pays longtemps isolé comme la Serbie, où le taux de chômage est élevé, ce n’est certes pas facile. Les gens réagissent négativement. Pourtant, un jour viendra où ils se feront soigner par un médecin afghan ».

L’hiver approchant, le Commissariat serbe pour les réfugiés a annoncé qu’il allait héberger les demandeurs d’asile sans abri dans une ancienne caserne militaire… sans résultat jusqu’à présent.