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[ articles sur les Roms à Grenoble, en France et ailleurs ]

A Lyon, au moins trois morts dans l’incendie d’une usine squattée par des familles Roms [rue89]

source : rue89lyon.fr

 

A Lyon, au moins trois morts dans l’incendie d’une usine squattée par des familles Roms

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L’incendie s’est déclaré dans la nuit de dimanche à lundi, vers 1 heure du matin.
Deux femmes et un enfant sont décédés.
Mais le bilan pourrait être plus lourd selon les pompiers qui fouillent toujours les décombres. Il pourrait y avoir six ou sept victimes.

L’incendie a pris rue Audibert et Lavirotte, dans les anciens locaux administratifs de cette usine du 8e arrondissement squattée depuis octobre 2012 par plusieurs dizaines de familles Roms de Roumanie. On aurait compté plus de 200 personnes.

Selon Gilberte Renard, militante au sein de l’association CLASSES (Scolarisation des enfants des squats), une petite centaine de personnes vivaient uniquement dans le bâtiment administratif.

Tous les rescapés et ceux qui avaient construit de petites cabanes dans les hangars ont été hébergés dans un gymnase d’une école située avenue des frères Lumières.
Depuis 2004, déjà deux enfants Roms avaient péri dans l’incendie de leur caravane, sur un terrain squatté à Gerland.
Fin mars 2013, l’un des plus gros bidonvilles de l’agglomération lyonnaise à Saint-Fons avait en partie brûlé, sans faire de victime.
Ce squat du 8e arrondissement devait se faire expulser dans les prochains jours.

 

Mise en accusation de l’Etat par les associatifs

Ce lundi matin, Gilberte Renard, accuse :

« Cet incendie est la responsabilité de l’Etat. Il y a des solutions pour héberger ces familles. Mais Manuel Valls préfère les expulser ».

Pour Jean Philippe, militant du MRAP, cité par Reuters (via lepoint.fr) : « Ce qui vient de se passer est symptomatique de la politique de la préfecture du Rhône » :

« Elle refuse d’appliquer la circulaire qui prévoit des diagnostiques médicaux, sociaux et de sécurité, sa seule réponse est l’expulsion des squatts et des campements et à chaque fois la situation s’aggrave. »

Selon lui, un homme a trouvé la mort il y a deux mois dans le même squatt, écrasé par une partie du bâtiment qui s’est écroulé.

« Les roms touchent 75 euros par jour sans rien faire ! » : intox d’extrême-droite [debunkersdehoax.org]

source : http://www.debunkersdehoax.org/blog/lire-article-723900-9862317-_les_roms_touchent_75_euros_par_jour_sans_rien_fai.html

« Debunkers des rumeurs / hoax d’extrême droite – avec votre participation, un site qui démolit les intox des extrêmes-droites »

« Les roms touchent 75 euros par jour sans rien faire ! » : intox d’extrême-droite

22 avril 2013. Revoici un de nos plus gros fournisseurs de hoax,  « Mediapresse 75« ,  (qui sous-titre son blog, sans rire :  « on vous dit tout »  ) .

big_artfichier_723900_2009956_201304210756116« Scandale ! Un Rom vivant en France touche 75 euros net sans travailler ! « 

« les populations Roms vivant en France touchent un joli pactole : 75€ X 30 Jours = 2 250€ par mois ! »
« Qu’on ne s’étonne donc pas du trou abyssal de nos finances… »

 

Le blog  relaie « Novopress », prétendue « agence de presse » « indépendante », et en réalité attrape – nigauds mis en place par le groupe néofasciste « Bloc Identitaire« .

En réalité : une astreinte judiciaire tout à fait exceptionnelle, concernant la Préfecture du Rhône

Bien évidemment, et contrairement au gros pipeau de « Mediapresse 75 », aucun Rom, (comme aucune personne classée dans la catégorie « gens du voyage ») ne perçoit cette imaginaire « allocation rom », que ce soit ces 75 euros / jours ou les 2250 euros mensuels.

En réalité, il s’agit d’un jugement prononcé à Lyon, le 3  avril dernier.( voir Rue89-Lyon)

Le tribunal administratif a estimé que la Préfecture était en infraction, au regard de la loi Dalo de 2009 (droit au logement opposable) ainsi qu’au regard  d’une circulaire ministérielle de l’été 2012,   pour ne pas avoir proposé une solution d’hébergement d’urgence à une douzaine de familles Roms expulsées d’un camp à Villeurbanne.

La loi dite « Dalo » , qui s’applique à toute personne, de nationalité française ou non, dit  en effet très clairement :

« Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence ».

En conséquence, le tribunal a ordonné au Préfet du Rhône de proposer, dans un délai de 4 jours,  un hébergement d’urgence aux familles les plus en détresse, sous peine d’une astreinte de 75 euros par jour et par famille ( et non pas 75 euros / jour par personne, comme « Novopress » ou Le Figaro l’écrivent faussement) . Le Préfet n’a pas contesté le jugement.

Ci-dessous, extrait de l’analyse du jugement, faite par un avocat :

Le juge rappelle « qu’il appartient aux autorités de l’Etat de mettre en oeuvre le droit à l’hébergement d’urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale  en vertu de l’article L. 345-2 du code de l’action sociale et des familles, et qu’une carence caractérisée dans l’accomplissement de cette tâche peut constituer une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu’elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée.
Il a pris en compte la situation familiale, médicale et l’âge des personnes pour estimer que leur évacuation du campement sans proposition d’hébergement de la part du préfet constituait une atteinte à une liberté fondamentale.
Deux familles ont en revanche été déboutées car il s’agissait de couples sans enfant ne correspondant pas aux critères fixés par la jurisprudence.

Les roms, premiers boucs-émissaires, le tour des autres ensuite

Comme toujours, on voit que l’extrême-droite monte en épingle une histoire, désigne d’abord les roms, et tout ceux qui leur paraissent immigrés comme responsables du  « trou abyssal de nos finances » . Dans la foulée,  sont désignées comme abuseurs et fraudeurs toutes  les personnes qui reçoivent des prestations et protections sociales, qu’elles aient la nationalité française ou non.

En réalité, c’est la fraude économique et fiscale qui pèse sur les finances publiques, bien plus que la la « fraude sociale »

cf Le Parisien,  janvier 2013 :  La fraude fiscale coûterait 80 milliards d’euros 

cf Ras L’ Front  Au FN on veut des frontières partout, mais on fait ouvrir des comptes en Suisse : 

big_artfichier_723900_2012286_201304224730793Voici qu’avec l’affaire Cahuzac, les Le Pen sont soudainement  scandalisés par la fraude fiscale !

Eux qui menaient croisade contre les impôts, désignant de plus  les bénéficiaires de prestations sociales comme étant des fraudeurs (et les immigrés étant les accusés favoris dans la propagande FN , alors que l’immigration rapporte tous les ans un gros paquet de milliards de bénéfice aux budgets sociaux).

Pourtant, cela fait longtemps que les syndicats des services des impôts ont estimé que, bien plus important que la fraude aux allocations sociales,  la fraude des entreprises et la fraude fiscale  représentent un montant annuel équivalent aux budgets de l’Education et de l’Intérieur réunis (voir Le Parisien, janvier 2013 )

Voilà Le Pen-fille qui nous serine de nouveau son air « pour moraliser , il faut rétablir les frontières »(cf Le Point).

Alors que le lendemain,  Mediapart fournit de nouveaux détails sur « l’optimisation fiscale suisse » utilisée par Le Pen-père !

Alors que le grand ami de Le Pen-fille mais aussi ami de l’ex-ministre PS Cahuzac, Philippe Peninque ancien dirigeant du GUD, s’est spécialisé dans le « conseil » pour l’ouverture de comptes en Suisse et autres paradis fiscaux !

Voici une citation qui peut faire réfléchir, à l’heure où les extrêmes-droites et les droites s’unissent.

Texte attribué au pasteur protestant allemand Niemoller, mis en camp de concentration par les nazis.

  » Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique. »

Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester.  »

22/04/2013 · 1073 vues

« Pas d’enfants à la rue, et tous scolarisés », exige RESF [ledauphine.com]

sourcé : http://www.ledauphine.com/isere-sud/2013/03/20/pas-d-enfants-a-la-rue-et-tous-scolarises-exige-resf-gvdw

« Pas d’enfants à la rue, et tous scolarisés », exige RESF

Une famille roumano-hongroise (un couple et ses trois enfants) a été expulsée durant les vacances scolaires de ces préfabriqués de Fontaine (photo prise début décembre 2012). Photo Archives DL/Marc GREINERUne famille roumano-hongroise (un couple et ses trois enfants) a été expulsée durant les vacances scolaires de ces préfabriqués de Fontaine (photo prise début décembre 2012). Photo Archives DL/Marc GREINER

Que se passera-t-il le 31 mars, à l’issue de la “trêve hivernale”, pour les quelque 600 personnes de l’agglomération grenobloise, dont une centaine de Roms (pour la plupart Roumains), actuellement hébergées via le dispositif d’hébergement d’urgence mis en place durant l’hiver ?

C’est la question que posent les militants _ pour la plupart des enseignants _ de Réseau éducation sans frontières (RESF) du canton de Saint-Égrève, quelques jours après l’expulsion d’une famille roumano-hongroise (un couple et ses trois enfants) du campement de préfabriqués de Fontaine, au motif que le père de famille a utilisé une plaque électrique chauffante dans le logement, ce que le règlement interdit.

« Ce camp de Fontaine, qui abrite depuis début décembre 2012 une quinzaine de familles totalisant une cinquantaine de personnes (alors expulsées du camp de Saint-Martin-le-Vinoux), dispose d’une cuisine commune avec seulement deux plaques chauffantes pour tout le monde, c’est donc impossible de ne pas cuisiner dans son logement », argumente RESF.

« Si on ne fait rien, c’est une intégration réussie qu’on va fragiliser »

La famille expulsée est, depuis, hébergée « chez des amis », mais cette expulsion a bien sûr une fois de plus traumatisé les enfants. « Ils ont manqué 3 des 8 premiers jours d’école à la rentrée, après les vacances, témoigne l’institutrice qui les suit sur Saint-Martin-le-Vinoux. Et que va-t-il se passer après le 31 mars, si toutes ces familles se retrouvent sans logement ? Ils risquent de ne plus venir à l’école, et c’est dramatique quand des enfants ne viennent plus à l’école, car ils ont fait des efforts, leurs familles ont fait des efforts. Et quand des gamins n’ont plus accès à l’école, ils ont accès à la rue. Le fait d’avoir accès à l’école, ça montre aussi aux autres enfants, aux parents, aux collègues enseignants, que ces Roumains sont des gens comme tout le monde : ça lève pas mal de tabous, de préjugés ».

Alors que des dizaines d’enfants (roms ou pas) risquent de se retrouver à la rue à la fin de mois, RESF rappelle son exigence : « Qu’il n’y ait pas d’enfants à la rue, même au printemps, même en été, qu’ils soient tous scolarisés, que les familles aient des papiers pour assurer la poursuite de cette scolarité normale. Cette poursuite était promise par le maire de Saint-Martin-le-Vinoux quand ces familles ont été expulsées du camp de Saint-Martin-le-Vinoux ».

Ces membres de RESF ont alerté François Brottes, député, et Pierre Ribeaud, conseiller général du canton de Saint-Égrève, de la situation, mais n’ont eu aucun retour. « On veut voir rapidement Olivier Noblecourt, vice-président de la Métro chargé de l’hébergement, et Yannik Ollivier, maire de Saint-Martin-le-Vinoux, pour dire que ces familles jouent le jeu, et que si on ne fait rien, c’est une intégration réussie qu’on va fragiliser ».

par Vincent PAULUS le 20/03/2013 à 07:19 Vu 163 fois

Les habitants Roms, présents sur le terrain des Abattoirs à Rezé, expulsés… Une nouvelle fois [indymedia nantes]

source : https://nantes.indymedia.org/article/27170

« Quand la misère dérange, elle doit alors faire peur et rien n’est plus facile que de susciter et d’alimenter la peur. »

 

Les habitants Roms, présents sur le terrain des Abattoirs à Rezé, expulsés… Une nouvelle fois

category local | immigration/sans-papieres/frontieres | valide author lundi 18 février 2013 – 02:15author par Arta vs Om Notifier cet article/commentaire aux moderateur-ice-s

Au mépris le plus absolu de la trêve hivernale, la soixantaine d’habitants Roms, présents sur le terrain des Abattoirs à Rezé, a été expulsée… Une nouvelle fois.

Mais que sont-ils donc (peut-on dire « qui »?) pour être traité ainsi ? Après avoir quitté le terrain du Pendule, à Trentemoult, juste avant d’être, là aussi, expulsés, ils avaient trouvé « refuge » sur un terrain en friche, à l’entrée des anciens abattoirs de Rezé. Une parcelle dont le propriétaire est Nantes Métropole. Un terrain sans électricité, sans eau, sans sanitaires, mais à l’écart de toute population. Un terrain abandonné, tout comme eux, inconstructible car situé dans le couloir aérien de l’aéroport de Bouguenais. Mais pourtant, même là, leur présence était encore insupportable. il fallait s’acharner, s’acharner encore, dénigrer, flatter les instincts les plus méprisables, donner de la crédibilité à la haine, la diffamation, les éternels fantasmes sur ces gens qui ne peuvent être que délinquants, parasites, mafieux, proxénètes en faisant appel à des statistiques éthniques non officielles sur la délinquance, etc… Quand la misère dérange, elle doit alors faire peur et rien n’est plus facile que de susciter et d’alimenter la peur.

Lorsque les familles vivaient sur le site du Pendule, situé au cœur d’un quartier touristique et bourgeois de la commune, plusieurs adjoints au maire socialiste, Mme Coutant, M. Landier, M. Quénéa, venaient régulièrement sur place, ne serait-ce que pour procéder à un décompte des caravanes et de leurs occupants. Des sanitaires, certes peu entretenus, avaient même été installés. Des raccordements à l’eau et à l’électricité avaient été facilités. Des poubelles ont même été prêtées avant d’être retirées au profit d’une benne à ciel ouvert. Rappelons que ce terrain de Trentemoult n’était pas un terrain municipal puisqu’il appartient au Port-Autonome Nantes-St-Nazaire et est loué à la société Le Voyage à Nantes. Mais depuis l’arrivée de ces familles sur le site des abattoirs, les préoccupations de la mairie semblaient manifestement tout autres. Jamais aucun de ces mêmes élus n’est venu s’enquérir de leurs conditions de vie.

Mais depuis la prise de fonction de Jean-Marc Ayrault à Matignon , Gilles Retière, maire de Rezé, s’est retrouvé propulsé président de Nantes Métropole : à ce titre, il n’a pas hésité longtemps à demander, une fois de plus, l’expulsion qu’il ne pouvait pas solliciter en tant que maire.

Mais qui sont donc ces gens que M. Retière, au mieux, ignore, mais plus communément, sur lesquels il s’acharne ?

Des familles, parents, grands-parents, oncles, tantes, enfants, qui « résident » depuis des années sur la commune de Rezé, ballotés au gré d’expulsions qu’ils anticipent pour en éviter le traumatisme. La plupart d’entre eux n’ont qu’un souhait : avoir un bout de terrain et pouvoir y vivre comme tout le monde, rechercher et trouver du travail, permettre aux enfants de poursuivre leur scolarité sans les angoisses de l’expulsion, bénéficier du « minimum » sanitaire qui, malgré les engagements de la mairie devant les médias, leur est refusé, s’insérer, vivre comme tout le monde, tout simplement.

Gilles Retière dans ses voeux de « belle année 2013 » en tant que maire de Rezé parlait pourtant de « Soutien aux publics fragiles ». Depuis longtemps, il n’en finit pas d’ailleurs, à longueur de bulletins municipaux, de promouvoir son action en direction des plus défavorisés.

Les paroles sont une chose. Les actes en sont une autre. Ainsi au mois de novembre dernier, Nantes Métropole a fait appel de la décision du tribunal de Nantes de ne pas expulser le terrain des abattoirs ( le juge se référant notamment à la publication de la circulaire inter-ministérielle). Dans le « plaise à la cour » produit alors par l’avocat de Nantes Métropole, il est fait mention de la limite d’ordre matériel de la collectivité locale : « Les ROMS représentent une population d’environ dix millions de personnes en Europe centrale, dont un à deux millions en ROUMANIE, ll est évident que les collectivités de I’agglomération nantaise dont les moyens et les budgets sont limités, ne peuvent intégrer l’ensemble des ROMS présents en EUROPE ». Sans commentaire…

Qu’il soit maire ou président de communauté d’agglomération, M. Retière ne connait qu’une seule voie, celle de l’expulsion. Il n’a aucun sens du dialogue. C’est en outre un irresponsable qui fait peu de cas du coût important de ces expulsions pour les deniers publics. Que penser d’un élu qui ne parvient à envisager d’autre solution que de renvoyer la résolution d’une difficulté à la commune voisine ou à la communauté de communes d’à côté ?

Que peut-on dire d’élus qui bafouent la trêve hivernale, passent d’une stratégie du découragement en n’apportant même pas le minimum vital à des familles dans le plus grand dénuement, à celle du tout répressif en pourchassant, expulsant, sans solution de relogement préconisée par les directives ministérielles, alors qu’ils se revendiquent de la même majorité politique ? Alors que des fonds européens existent pour aider les collectivités territoriales qui le souhaitent.

Certes conformément à la circulaire ministérielle d’août dernier, concernant les terrains illicites, un « diagnostic » social a été effectué auprès des habitants du terrain des abattoirs. Mais quand ces mêmes familles ont appris qu’elles allaient être expulsées, personne n’est venu le transmettre la moindre information quant aux conclusions de ce fameux diagnostic. Dispositif fantoche ? Poudre aux yeux ? Sans doute la mairie de Rezé (ou Nantes Métropole), annoncera-t-elle prochainement qu’elle compte reloger une famille, en enrobant sa démarche d’un beau discours vantant la « bonne volonté » des élus.

Alors, tant pis pour tous les enfants scolarisés, tant pis pour les personnes malades, fragilisées encore plus, tant pis pour la précarisation qui s’ajoutera à la précarisation, peu importe où ils iront du moment qu’ils aillent ailleurs, le plus loin possible de Rezé et de l’agglomération nantaise.

Ce week-end, suite aux menaces verbales de la police leur indiquant que leurs caravanes seraient détruites lundi, ils se sont déplacés une nouvelle fois, la septième en trois ans.

Est-ce bien étonnant ? Sous la gouvernance de Mr Valls, jamais il n’y a eu autant d’expulsions de Roms en France et notre pays vient, une fois de plus, d’être condamnée par le Comité européen des droits sociaux, le 2 février 2013, pour le traitement qu’il réserve à la population Rom.

Collectif Arta vs Om

La France condamnée pour violations manifestes des droits des populations roms [Médecins du Monde]

source : http://www.medecinsdumonde.org

« La France a déjà été condamnée à trois reprises par le CEDS (Comité européen des Droits sociaux) sur la situation des Roms. »

Communiqué de presse

La France condamnée pour violations manifestes des droits des populations roms

Décision du Comité européen des Droits sociaux (CEDS)

Dans sa décision rendue publique le 21 janvier 2013, le Comité européen des Droits sociaux (CEDS) du Conseil de l’Europe condamne fermement la France pour violations manifestes de droits et d’accès aux droits des populations roms, suite à une saisine déposée par Médecins du Monde début 2011. Le gouvernement français doit prendre des mesures concrètes et effectives pour lutter contre l’exclusion sociale des Roms et leur garantir les mêmes droits qu’à tous.

Par ses conclusions, le CEDS condamne la France pour violation des droits inscrits dans la Charte Européenne des Droits sociaux révisée (CEDSR) concernant les droits des Roms au logement, à l’hébergement, à l’éducation de leurs enfants, à l’assistance sociale et médicale, au droit à la protection de la santé.

Le comité a constaté notamment que les expulsions de campements roms ont eu lieu sans respecter les conditions prescrites par la Charte et donc en violation de la dignité des personnes concernées. Il juge également insuffisante la politique du gouvernement français à l’égard des Roms, particulièrement sur l’accès à l’éducation des enfants roms et aux soins de santé. Face au manque de moyens déployés par la France pour améliorer leurs conditions de vie précaires, le CEDS considère que les Roms vivant sur le territoire français souffrent d’un traitement discriminatoire.

Cette condamnation intervient à la suite d’une réclamation déposée par Médecins du Monde le 19 janvier 2011. Depuis cette saisine, la situation des populations roms reste précaire dans certaines régions, malgré la circulaire du 26 août 2012 relative à l’accompagnement des évacuations des campements et la mise en place d’un dispositif piloté par la DIHAL (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement).

A Marseille, quatre expulsions ont eu lieu pour le seul mois de décembre 2012 touchant près de 160 personnes, dont des femmes enceintes et des enfants. Une campagne de vaccination de MdM contre l’hépatite A sur 29 enfants a ainsi été interrompue. Les équipes de MdM témoignent d’opérations particulièrement violentes, sans consultation préalable des populations et des associations. Ces opérations se sont déroulées de nuit et en période hivernale, en utilisant de manière abusive les arrêtés de péril qui permettent de contourner la circulaire du 26 août 2012.

La France a déjà été condamnée à trois reprises par le CEDS sur la situation des Roms. Cette quatrième procédure souligne l’urgence pour le gouvernement de faire appliquer de manière effective le volet prévention de la circulaire du 26 août 2012 sur l’ensemble du territoire et de prendre des mesures d’intervention positives tenant compte des recommandations du CEDS.

Consultez la décision du Comité européen des Droits sociaux

Consultez la réclamation initale de Médecins du Monde

 

Pour plus d’informations sur nos programmes, pour caler des interviews ou des reportages sur le terrain, n’hésitez pas à nous contacter.

Contact presse
Agnès Varraine Leca, Emmanuelle Hau & Aurélie Defretin
01 44 92 14 32 / 14 31 / 13 81 – 06 09 17 35 59             
infomdm@medecinsdumonde.net        
www.medecinsdumonde.org    

janvier 2013

Les conditions d’accueil des demandeurs d’asile à la préfecture [asile.ouvaton.org]

source : http://asile.ouvaton.org

« L’administration s’organise pour répondre de manière plus juste aux flux de demandeurs d’asile, notamment par des système de tickets, qui valent bien plus qu’une file d’attente désorganisée, où les personnes s’entassent dans le désordre après avoir dormi dans la rue. »

Les conditions d’accueil des demandeurs d’asile à la préfecture

Publié le 25 janvier 2013

Depuis le mois de novembre je vais régulièrement le matin devant la préfecture de Grenoble afin de recenser les demandeurs d’asile s’y présentant. Enfin, demandeurs d’asile, pas tout à fait : encore faut-il que ces personnes puissent pénétrer dans l’enceinte de la préfecture pour recevoir le droit de remplir un formulaire leur permettant de déposer une demande d’asile. Là seulement ils seront pris en compte par l’Etat et recevront donc par la même un minimum d’aide. En attendant, ils sont des dizaines chaque matin, de tout âge, à attendre devant la porte de la préfecture, dans l’espoir d’y pénétrer et de formuler une simple demande. 20121109_084731 Ces personnes ont fui leurs pays d’origine, ils ont traversé la Méditerranée ou plusieurs pays d’Europe, avant d’échouer à Grenoble, souvent sans y connaître quiconque. Alors commence l’enfer administratif : pour obtenir le droit de demander l’asile, et avec cela une autorisation provisoire de séjourner en France, ces personnes doivent être « accueillies » à la préfecture. En attendant, c’est système D pour tous : squats, connaissances liées dans l’attente devant le bâtiment, recours aux associations… Tout est bon à prendre pour ces personnes qui n’ont rien. Beaucoup dorment devant la préfecture afin d’être certains de se trouver au devant de la longue file des demandeurs d’asile lors du passage de l’officier de préfecture le lendemain, à 9h du matin. Des familles entières, parfois sur trois générations, passent la nuit sur le trottoir, armées de quelques couvertures pour les plus débrouillards, ou bien installées à même le sol, emmitouflées uniquement dans leurs manteaux pour ceux qui ont moins de chance.

Quand nous arrivons à 8h30, nous revoyons souvent les mêmes visages, plusieurs jours – voire plusieurs semaines – d’affilée. Des enfants dorment parfois encore sous des tas de couverture, alors que les parents nous demandent, inquiets et fatigués, si cette fois-ci ils pourront entrer. Nous n’avons pas de réponse à leur donner. Ça dépend de l’officier de préfecture, si ce matin là il décide de prendre en pitié les plus vulnérables, ou bien si l’ordre d’arrivée prime, ou encore si ceux parlant un minimum français sont favorisés. Et encore, l’attente.

9h, les policiers sortent. La file pour les diverses tâches administratives s’avance en premier dans l’enceinte du bâtiment. Puis les policiers font avancer les demandeurs d’asiles convoqués suite à leur première entrée dans la préfecture. Enfin, l’officier en charge de l’asile sort. Les demandeurs d’asile la hèlent, essaient d’attirer son attention, mais elle les ignore et s’adresse à ceux qu’elle a choisi : parfois les premiers de la file, parfois non. A chaque fois, le dialogue est le même : vous venez pour l’asile, vous êtes seul, vous parlez français / do you speak english ? Si la personne répond oui à toutes ces questions, il est fort probable qu’elle obtienne le sésame tant désiré. A l’inverse, les familles et les non-francophones ou anglophones sont presque systématiquement recalés.

Après avoir généralement désigné 2 personnes, et « promis » à 2 autres (en moyenne) qu’elles rentreront peut-être à 11h, l’officier retourne dans sa forteresse, insensible aux appels redoublant de vigueur des personnes restées au dehors. Le policier leur dit que c’est fini et qu’il faudra revenir demain, avant de refermer les barrières. Ceux qui se sont vus promettre un rendez-vous à 11h restent, pleins d’espoir ; néanmoins, ils s’entendront probablement dire à 10h qu’ils peuvent finalement rentrer « chez eux » et revenir le lendemain. Quant aux autres, dont la parole n’a même pas été écoutée, certains partent, résignés ; d’autres s’indignent, et restent devant la préfecture ; d’autres encore nous font part de leur incompréhension et de leurs craintes.

Ce scénario se produit quatre matins par semaines devant la préfecture de l’Isère, été comme hiver. Mais cet état de fait peut changer : d’autres préfectures ont des conditions d’accueil bien meilleures. L’administration s’organise pour répondre de manière plus juste aux flux de demandeurs d’asile, notamment par des système de tickets, qui valent bien plus qu’une file d’attente désorganisée, où les personnes s’entassent dans le désordre après avoir dormi dans la rue. En ignorant chaque jour une dizaine de demandeurs d’asile, la préfecture ne respecte pas la loi française. Il est essentiel aujourd’hui d’attirer l’attention des citoyens sur ce problème : l’asile est un droit que la préfecture ne peut pas nier.

Charlotte DUMAS, bénévole ADA, Accueil Demandeurs d’Asile

Expulsions : un record en trompe-l’œil pour Valls [Le Figaro]

source : http://www.lefigaro.fr

bouchez vous le nez, ça pue …

Expulsions : un record en trompe-l’œil pour Valls

 Par Jean-Marc Leclerc Mis à jour le 23/01/2013 à 15:21 | publié le 23/01/2013 à 15:04 Réactions (30)

Selon nos informations, le rythme d’expulsions sous Valls est de 2750 clandestins par mois, contre 3500 lors des quatre premiers mois de 2012.

Selon nos informations, le rythme d’expulsions sous Guéant était de 3500 clandestins par mois, contre 2750 éloignements par mois seulement sous Valls. L’opposition fait valoir que le «record» d’expulsions revendiqué par Valls est surtout de son fait.

Comme les statistiques de la délinquance, les chiffres des expulsions de clandestins n’ont pas manqué d’alimenter la polémique entre la droite et la gauche. Alors que Manuel Valls assume un record historique des expulsions, avec environ 36.800 sans-papiers éloignés en 2012 contre 32.900 l’année précédente, l’opposition fait valoir que le «record» en question est surtout de son fait.

«Ce résultat est en réalité lié à l’efficacité de la loi relative à l’immigration et l’intégration, adoptée par le Parlement le 16 juin 2011, à l’initiative du gouvernement de François Fillon sous l’autorité de Nicolas Sarkozy, et surtout, aux actions conduites par Claude Guéant, alors ministre de l’Intérieur jusqu’au 1er semestre 2012. Le ministère de l’Intérieur reconnaît d’ailleurs que les deux premiers mois de 2012 furent sans précédent», déclare ainsi Éric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes.

Conflits de juridictions

Selon nos informations, le rythme d’expulsions sous Guéant était de 3500 clandestins par mois, les quatre premiers mois de 2012 (3300 par mois pour le premier semestre), tandis que la moyenne des éloignements sous Valls était de 2750, «soit 17% d’expulsions en moins sous la gauche», commente l’ancien ministre de l’Intérieur.

La droite espérait 40.000 expulsions pour 2012 et le rythme imprimé à l’époque, les premiers mois, laissait penser que l’objectif était réalisable. «On nous objecte aujourd’hui qu’il s’agissait d’une politique d’affichage liée à la campagne présidentielle, mais il n’en est rien», assure Claude Guéant.

Selon lui, «la loi de 2011 qui réglait la question des conflits entre les juridictions administratives et judiciaires en matière d’éloignements commençait simplement à produire ses effets». Car souvent, les juges des tribunaux correctionnels ordonnaient la mise en liberté des clandestins avant même que l’ordre administratif ait pu se prononcer sur le cas des clandestins.

Jurisprudence européenne

Pour l’ UMP Brice Hortefeux, «les résultats contrastés entre les deux semestres de 2012 démontrent qu’à l’efficacité de la période Sarkozy a succédé une action molle». Selon cet ancien ministre de l’Intérieur, «la politique migratoire de François Hollande se résume à un appel d’air».

Les expulsions de clandestins effectivement réalisées ne représentent guère plus d’un tiers des expulsions prononcées. Dans une majorité de cas, le refus d’accorder un laisser-passer au clandestin par les autorités consulaires de son pays d’origine justifient l’impossibilité de le renvoyer.

Par ailleurs, en juillet 2012, la Cour de cassation transposait en droit interne la jurisprudence européenne qui interdit de placer en garde à vue un clandestin au seul motif qu’il enfreindrait les règles de séjour des étrangers. Manuel Valls défend l’adoption d’une mesure de rétention de 16 heures pour pallier les conséquences de cette décision qui complique singulièrement la mise en œuvre de l’expulsion pour les forces de police et de gendarmerie.

«J’ai 33 ans et je n’ai jamais réussi à avoir un « chez moi »» [Libération]

source : http://www.liberation.fr

«J’ai 33 ans et je n’ai jamais réussi à avoir un « chez moi »»

7 janvier 2013 à 16:54
A l'intérieur du bâtiment réquisitionné par Jeudi noir et le DAL, le 6 janvier.

A l’intérieur du bâtiment réquisitionné par Jeudi noir et le DAL, le 6 janvier. (Photo Fred Dufour. AFP)

L’association Droit au logement et le collectif Jeudi noir occupent depuis quelques jours 2 000 mètres carrés, vides et en bon état, près de la gare du Nord à Paris. Quatorze familles y ont trouvé refuge.

Par MARIE PIQUEMAL

Trois bâtiments autour d’une petite courette. 2 000 mètres carrés au total, une cuisine spacieuse vert-pomme et une trentaine de pièces, de taille inégale mais toutes éclairées par une fenêtre. Le tout en plein Paris, à quelques mètres de la gare du Nord… Inoccupés depuis deux ans.

Les membres de l’association Droit au logement et le collectif Jeudi noir ont investi les lieux le 29 décembre. Réquisition citoyenne, clament-ils. Ils ont le sourire ce matin, fiers de leur butin. Ils hébergent depuis 14 familles et 11 jeunes précaires. «On est resté une semaine caché le temps d’accumuler des preuves de l’occupation effective. Factures de pizzas, ouverture de ligne internet, attestation sur l’honneur, tout peut être utile, explique Ophélie de Jeudi noir. Passé 48 heures, les autorités ne peuvent plus nous expulser pour flagrance. Ensuite, cela prend plus de temps.» Le temps, entre autres, de trouver la trace du propriétaire et de lancer une procédure.

Le cliché du holding

En l’espèce, le propriétaire n’est pas facile à identifier. Le bâtiment, loué jusqu’en 2010 à la chaîne de bijouteries Histoire d’or, appartiendrait à une société hollandaise, basée au Luxembourg. «On est complètement dans le cliché du holding spéculant sur des bâtiments vides…, sourit un militant en pleine préparation artisanale de café. On connaît son nom bien sûr, mais on ne veut pas le donner. On joue la montre…»

A la demande de la ministre Cécile Duflot, les services de la préfecture d’Ile-de-France ont été chargés d’établir la liste de bâtiments vides, réquisitionnables et de lancer les procédures. L’immeuble en question, 2 rue de Valenciennes, n’en fait pas partie. Pourquoi ? En milieu de journée, le ministère du Logement était évasif. «La liste des bâtiments à réquisitioner n’est pas figée, elle est amenée à être mise à jour. On est bien entendu à l’écoute de toutes les adresses et les bons tuyaux des associations.» La ministre Cécile Duflot était attendue sur place ce lundi à 16 heures.

«Avoir un toit et un peu d’espace»

Sur le pont dès 11 heures ce matin, l’eurodéputée Eva Joly faisait une petite visite, félicitant à tour de bras les militants. «Mais comment avez-vous fait ? Bravo, bravo.»

Parmi les maîtresses de maison, Fathia, 48 ans, sourire accueillant et pantoufles en polaire mauve. Elle fait visiter son «F2», au deuxième étage. Un matelas de clic-clac posé à même le sol et recouvert d’un tissu. Deux jeunes filles, affalées, les yeux rivés sur leurs téléphone, imperturbables. «Regardez comme on est bien ici, raconte Fathia. Il y a deux toilettes à chaque étage et une douche pour tout l’immeuble. C’est déjà très bien. Ce qui compte, c’est d’avoir un toit et un peu d’espace. Je suis veuve depuis 1998. Quand mon mari est mort, j’attendais notre troisième enfant.» Fathia les a élevés seule dans 27 mètres carrés, loués 800 euros par mois dans le XVIIIe arrondissement à Paris. «J’ai frappé à toutes les portes, vous n’imaginez pas. On m’a promis un HLM, on a préparé nos cartons je sais pas combien de fois… On n’a jamais rien eu. Au bout d’un moment, on est obligé d’accepter des opportunités comme celle-là. Je sais que c’est hors-la-loi mais l’Etat ne la respecte pas non plus, la loi…»

Premier étage, au fond du couloir. Fariza occupe deux pièces avec son mari et leurs trois garçons de 9, 7 et 4 ans. «J’ai 33 ans et je n’ai jamais réussi à avoir un « chez moi ». Mon mari a un CDI pourtant. Avant d’arriver ici, on était chez mes parents, entassés dans un deux-pièces. Eux dormaient dans le salon, nous cinq dans la chambre. C’était compliqué. A peine tu ouvres la porte, tu trouves ma tête sur un matelas par terre. Pour aller aux toilettes, les enfants devaient me marcher dessus. Mon père est vieux, la cohabitation est difficile.» Fariza a déposé à maintes reprises un dossier pour un HLM. Elle est pourtant prioritaire au titre du Dalo (droit au logement opposable) depuis 2009. «J’écris chaque semaine à la municipalité, je reçois toujours la même réponse. Seule la date change sur la lettre. Le président avait promis un changement, on a voté pour lui, on y croyait.»

Lors du point presse hebdomadaire du Parti socialiste ce matin, le porte-parole David Assouline a déclaré souhaiter que «ce bâtiment fasse partie de la liste des bâtiments réquisitionnables que Madame Duflot est en train d’établir. S’il doit y avoir une étude technique et des travaux à réaliser, qu’ils le soient.»

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source : LibéToulouse

Le 115 envoie les sans-abris se loger dans les squats

SOCIETE. C’est une constante du “115”. Chaque jour, le numéro d’appel d’hébergement d’urgence est débordé. En moyenne une centaine de demandes resteraient sans réponse faute de places dans les centres toulousains.

De son côté, le Collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion (Crea) réquisitionne depuis deux ans des bâtiments vides pour y loger des sans-abris. Les expulsions ordonnées par la Préfecture ne découragent pas pour autant les squatteurs. A chaque fois que la police débarque, ils ont déjà repéré un autre endroit où s’installer.

Résultat: plus de deux cents personnes, étudiants, travailleurs pauvres, familles, sans-papiers seraient hébergés dans les quatorze « centre sociaux autogérés » du Crea. Le dernier en date est une maison «ouverte» dans le quartier de la Gare Matabiau.

Le portail d’entrée est cadenassé. Depuis quatre jours, cette maison de deux étages située au 7, impasse Bestouloubres héberge une vingtaine de personnes, parmi lesquelles une famille d’origine bulgare. Un pin gigantesque trône au milieu du jardin. A l’intérieur du bâtiment, une dizaine de chambres, des salles de bains et deux cuisines en parfait état.

Cette maison, propriété de la Ville de Toulouse, servait encore il y a peu de structure d’hébergement pour une quinzaine de personnes atteintes de maladies chroniques diverses. Suite à leur départ pour un lieu mieux adapté, elle devait être transformée en centre d’hébergement d’urgence géré par une association.

Cette situation  découverte «après coup» met le Crea en porte-à-faux. «Nous ne voulons pas nous mettre à dos des gens qui sont sur les mêmes problèmes que nous, affirme Thomas, l’un des occupants. Nous avons simplement décidé d’utiliser des moyens différents face au manque de logements sur Toulouse».

«Pour le reste nous nous organisons nous-mêmes», ajoute Sarah, 24 ans, chômeuse. Les règles de vie quotidienne sont fixées en assemblée générale. «Evidemment, il y a parfois des enguelades dans les AG. Ce n’est pas le pays des Bisounours. C’est long de trouver une organisation collective qui convienne à tout le monde. Mais c’est faisable».

La cuisine commune fonctionne avec la « récup ». Sauf que le glanage alimentaire est une activité devenue de plus en plus difficile. En effet, après les supermarchés qui déversent de la javel dans leurs containers d’invendus, c’est au tour des services de nettoyage de la Mairie de Toulouse de faire la chasse aux glaneurs de fruits et légumes sur le marché Cristal le long du boulevard de Strasbourg. «Depuis deux mois, les cantonniers des services municipaux distribuent des sacs poubelles aux marchands pour qu’ils jettent tout en vrac dés la fin du marché», raconte Thomas. Cette information nous sera confirmée le lendemain par les vendeurs de primeurs du marché Cristal. «Les glaneurs ne viennent plus. Avant les gens avaient faim. Maintenant ils crèvent de faim», nous dit Philippe, l’un des commerçants.

Retour dans la maison de l’impasse Bestouloubres. Les occupants ont demandé un rendez-vous à la mairie et avec la Préfecture pour trouver une solution de relogement. Migleana 25 ans, maman bulgare  et ses enfants Simona, 7 ans et Alex, 4 ans, tout deux scolarisés dans une école du quartier Saint-Cyprien ont déjà été expulsés d’un autre squat du Crea. «Nous allons essayer de faire avancer leur demande à la Préfecture. Mais si tu es Roumain ou si tu as une obligation de quitter le territoire français (OQTF), tu n’as aucune chance de trouver une place dans un centre d’hébergement», assure Thomas.

Selon le constat dressé par le Crea, la situation de l’hébergement d’urgence à Toulouse serait catastrophique. «Les travailleurs sociaux, le 115, les flics, le Secours Catholique nous envoient régulièrement des gens à la rue dans notre permanence d’urgence ouverte le jeudi de 16h à 18h  dans une maison du 9 Faubourg Bonnefoy».

J-M.E

Pourquoi nous avons aidé les Roms en bas de chez nous, à Echirolles [Rue89]

source : http://www.rue89.com/2012/11/09/pourquoi-nous-avons-aide-les-roms-en-bas-de-chez-nous-echirolles-236889

Témoignage 09/11/2012 à 18h02

Pourquoi nous avons aidé les Roms en bas de chez nous, à Echirolles

Cheryl Pereira | Habitante d’Echirolles

Un lundi, je découvre un tract contre les « nuisances » des Roms qui campent près de mon immeuble : « Il y a tout lieu de redouter les cambriolages. »

Les familles roms se sont installées mi-octobre sur l’herbe, juste devant chez nous. Une soixantaine de personnes, dont des femmes enceintes et beaucoup d’enfants.

Nous vivons à la frontière entre Grenoble et Echirolles (Isère), au sud du quartier des Granges (tristement célèbre). J’habite un des trois immeubles sociaux, entourés d’une majorité de copropriétés.

De nos fenêtres nous voyons le terrain de foot, un parking et cette étendue d’herbe où ils ont planté leurs pauvres tentes igloo dans des conditions insalubres : pas de poubelles, pas de toilettes, pas d’eau.

Un tract sur la porte du hall

Des voisins sont allés à leur rencontre, discuter avec eux, essayer de savoir d’où ils venaient. Personnellement je n’y étais pas allée jusqu’à ce qu’en rentrant chez moi, lundi 22 octobre, je trouve ce tract affiché sur la porte du hall.


Le tract affiché dans le hall de l’immeuble

« Un camp de Roms s’est installé depuis mardi dernier, dans le pré qui borde le parking d’Alpexpo, à la limite entre Grenoble et Echirolles.

Afin de ne pas subir une nouvelle fois des nuisances de toute sorte, tout comme cet été, nous devons nous mobiliser en masse et avertir les autorités compétentes (mairies de Grenoble et Echirolles, ainsi que la police afin que ces gens soient obligés de partir).

Chaque jour, de nouvelles tentes sont installées et chaque jour les ordures et déjections s’amoncellent un peu plus !

Ces gens se promènent la nuit dans nos environs, et il y a tout lieu de redouter les cambriolages…

Il faut donc agir au plus vite tant qu’il n’y a qu’une quinzaine de tentes, pour le bien de tous et surtout pour éviter une dégradation constante, depuis plusieurs mois, de notre quartier.

Mobilisez-vous pour le quartier des Granges. »

Ce n’était pas signé bien sûr. J’ai tout de suite pensé à Marseille, aux habitants qui ont chassé des Roms et brûlé leurs affaires, ça m’a vraiment choquée.

Je me demande comment quelqu’un a pu écrire ça. Les familles sous tentes sont roms mais toutes avaient peur de la réaction des riverains, elles ne se promenaient pas dans le quartier. On ne pouvait ressentir aucune menace de leur part. Furieuse, j’ai fait le tour des immeubles pour arracher ces tracts.

J’ai affiché un mot à la main, disant qu’il y avait des gens en détresse juste en bas de chez nous, et qu’on pouvait peut-être les rencontrer plutôt que leur taper dessus. Puis j’ai envoyé un e-mail à tous mes voisins du secteur – je fais partie d’une association de locataires mais je leur ai écrit à titre individuel – pour leur demander s’ils savaient d’où pouvait venir ce torchon raciste.

Une petite fille en sandalettes

Nous nous sommes concertés pour aller rencontrer les Roms, à six ou sept voisins. Au début, ils étaient sur leurs gardes, se défendaient : « C’est la police qui nous a dit de venir. » On leur a expliqué qu’on était simplement étonnés qu’ils se retrouvent ici.

Une dame m’a montré sa petite fille en sandalettes, qui marchait les pieds mouillés dans l’herbe. Une femme a dit qu’elle avait froid, une autre qu’elle avait peur des rats. Un gamin de 11 ans qui parlait français faisait la traduction, et de temps en temps il partait pour aller jouer.

Ils nous ont dit être macédoniens, serbes, kosovars, et ne se comprenaient pas tous entre eux. Un de nos voisins a pu converser en italien avec un Macédonien qui parlait bien cette langue. Plus tard, ce voisin a acheté des bâches et cordages pour protéger les fragiles tentes igloo des « campeurs ».

Nous avons sollicité le collectif La Patate chaude, qui a l’habitude de travailler avec les Roms. Ses membres parlant serbe nous ont accompagnés.

Gâteaux, couvertures, vêtements

Toute l’organisation s’est faite de manière spontanée, entre nous. Chacun a des talents spécifiques : certains parlent plusieurs langues, d’autres ont travaillé dans des crèches ou avec des personnes âgées, d’autres avaient un impressionnant carnet d’adresses, etc.

Les associations, déjà très occupées, nous ont donné de précieux conseils et orientés vers les « bons » interlocuteurs. Nous avons sollicité les élus et harcelé les autorités. Nous avons bombardé les mairies d’e-mails, d’appels. C’était toujours de la compétence de l’autre administration. Personne ne bougeait.

La nuit, la température tombe. Nous avons envoyé des e-mails à toutes nos connaissances pour obtenir de l’aide et donné aux familles des couvertures, de la nourriture, des vêtements. Nous avons emmené les malades chez les médecins du quartier ou à Médecins du monde.

On leur a prêté une pioche pour creuser des latrines, qu’ils ont ensuite rendue. Les familles ont gardé leur campement très propre, en entassant leurs déchets dans de grands sacs poubelles dans un coin, avant que nous les emmenions à la déchetterie en voiture.

A chaque fois qu’on repartait, on était mal de savoir que des enfants dormaient dans ces conditions.

Au centre social

Quand il s’est mis à pleuvoir au bout de quatre jours, nous avons débarqué au centre social et obtenu de pouvoir nous y réunir. Avec quelques hommes du campement évidemment, pour voir avec eux ce dont ils avaient le plus besoin.

Leurs demandes nous dépassaient complètement : ils disaient « maison », « école », « papiers », « travail ». Et « manger », ce qui nous faisait le plus mal au cœur. Nous avons essayé de comprendre leur situation administrative avec des interprètes macédoniens adorables.

Les secrétaires du centre social ont apporté du thé et du café à tous. Le directeur a accepté de nous laisser le centre pour le week-end et pour des réunions, sans accès aux toilettes cependant.

Samedi 27 octobre, mon compagnon, qui est restaurateur, a fait un mégarepas chaud. On a fait venir les familles au centre social à tour de rôle et avons pu servir plus de 70 personnes.

Déménagement au gymnase

Cet après-midi-là, le directeur général des services de la mairie d’Echirolles est venu nous annoncer l’évacuation des Roms vers un gymnase à Grenoble. Faute de véhicules, ils devaient y aller en tram.

Les téléphones ont marché à fond pour trouver de l’aide et des voitures. Pendant que les hommes démontaient le camp, nous avons emmené les femmes et les enfants.

Une douzaine d’habitants du coin ont fait le déménagement avec des membres du collectif de la Patate chaude et deux estafettes que la ville a fini par nous accorder.

Dès que les hommes sont arrivés au gymnase, ils ont couru comme des fous à l’intérieur pour s’assurer que les femmes et les enfants étaient bien là. On était sidérés et on s’est demandé ce qu’ils avaient subi dans leur vie pour avoir si peur. Nous avons passé le relais à la Croix-Rouge.

Collecte et couscous

Depuis, on s’est relayés tous les jours. Un restaurant près du gymnase a servi 100 repas le dimanche. Les parents de Sofiane, tué il y a un mois à Echirolles, ont fait un couscous. On a continué à récupérer des couvertures, des chaussures, des biberons, des chauffe-biberons, des médicaments pour les malades.

Certains on acheté du lait, des petits pots de fruits, des couches, d’autres des produits d’hygiène, on a distribué des serviettes de toilette, une dame est venue avec du chocolat chaud.

Nous avons accompagné une femme enceinte à l’hôpital pour l’accouchement. Elle a été renvoyée au gymnase avec un bébé de 3 jours. Tous ceux qui sont passés, assistantes sociales, médecins, pompiers, assistants parlementaires, étaient atterrés de ces conditions de vie.

Puis les familles ont été évacuées du gymnase. Les familles avec des enfants mineurs dans des centres d’accueil, les autres, à la rue.

Cynisme des pouvoirs publics

Je savais que le parcours de ces immigrants était difficile, mais pas à ce point. Il existe un véritable cynisme des pouvoirs publics. Avec ces phrases toutes faites comme « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde », on a complètement occulté qu’il s’agissait d’êtres humains.

Je ne fais pas d’angélisme : il peut y avoir des chapardages, il peut aussi y avoir des réseaux mafieux, mais les Roms sont traités en sous-hommes un peu partout en Europe.

Nous comptons vraiment suivre ces familles et savoir ce qu’elles vont devenir. Nous avons décidé de nous appeler « Collectif citoyen des habitants des Granges et d’Echirolles, soutien aux gens de l’ex-Yougoslavie, atterris sous des tentes sur les terrains d’Alpexpo ».

C’est long, comme la liste des gens qui nous ont rejoints dans un formidable élan. Et pour moi ça a une autre signification que lorsque les associatifs prennent tout en main.

En catimini, beaucoup de gens pas concernés m’ont dit : pour les Français qui sont dans la mouise, personne ne bouge le petit doigt. Pour moi, cela ne s’oppose pas. La misère n’est pas acceptable, qu’elle vienne d’ici ou d’ailleurs.

Nous continuerons à interpeller les politiques et leur disons que ce que nous, simples citoyens, faisons avec nos modestes moyens, les autorités doivent le faire plus efficacement et humainement. Nous voulons le changement maintenant.