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L’hébergement des demandeurs d’asile en Isère: une politique de dissuasion? [ada-grenoble.org]

source : http://www.ada-grenoble.org

L’Observatoire de l’Asile en Isère organise une

Conférence de presse le 5 Mai 2014 à la Maison des Associations

La question de l’hébergement des demandeurs d’asile occupe le devant de la scène médiatique et politique depuis plusieurs années. Le sujet est évoqué avec acuité et urgence avec l’ouverture d’un processus de concertation, en prévision de la transposition en France de nouvelles directives européennes régissant l’accueil des personnes engagées dans une demande d’asile. Des rapports rendus publics au cours de l’année 2013 – jusqu’au très récent rapport du Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques diffusé en avril 2014 – s’accordent pour dénoncer la saturation des dispositifs d’hébergement, et dresser le diagnostic d’un système de demande d’asile « à bout de souffle ».

La réalité de terrain montre une situation beaucoup plus complexe, et humainement tragique.
Reposant sur une enquête de 6 mois dans le département de l’Isère et l’agglomération de Grenoble, l’Observatoire de l’Asile en Isère, porté par un collectif d’associations impliquées dans l’accompagnement des demandeurs d’asile du département, dresse un constat mettant en évidence l’impact des choix politiques dans les questions liées à l’hébergement.

1123 places pour 1962 personnes

Le rapport rédigé par l’Observatoire dresse tout d’abord un état des lieux des dispositifs d’hébergement accueillant des demandeurs d’asile. Ces dispositifs sont complexes et contraints par les coûts et les choix réalisés en matière de politiques publiques d’accueil des étrangers. Ils sont également strictement encadrés par des textes imposant des normes minimales, et les responsabilités des différents acteurs, notamment de l’Etat. Le Dispositif national d’accueil financé et piloté par l’Etat, comprenant des places d’hébergement en CADA et en hébergement d’urgence des demandeurs d’asile gérés par des opérateurs en général associatifs, est ainsi largement sous-dimensionné. Les collectivités locales ont également un rôle à jouer. Le CCAS de Grenoble et le Conseil général de l’Isère se sont longtemps substitués à l’État pour héberger des familles dans de coûteux hébergements hôteliers. Elles en sont venues à se désengager et renvoyer l’Etat à ses responsabilités. Quant aux dispositifs d’accueil d’urgence, chroniquement saturés, ils s’opposent souvent à l’accueil des populations étrangères. Les demandeurs d’asile sont mis à l’abri au cours de l’hiver, mais sont remis à la rue le printemps revenu, par centaines.

36% des primo-arrivants seraient en procédure prioritaire en 2013

L’Observatoire aborde ainsi la question sous l’angle de politiques publiques visant délibérément à exclure les demandeurs d’asile des dispositifs d’hébergement, afin d’en limiter le coût et la surcharge. Différents mécanismes sont adoptés: opacité des attributions, généralisation de procédures de demande d’asile s’opposant à un accès à l’hébergement, et un système de « priorisation » qui exclut la plupart des personnes en dehors de « motifs exceptionnels », au mépris souvent des grands principes fixés par la loi. Ces systèmes sont largement validés par les cours de justice. L’ensemble relève bien plutôt d’une stratégie de dissuasion dont la conséquence la plus directe est d’orienter les flux vers les régions voisines…

839 demandeurs d’asile exclus du Dispositif National d’Accueil

Le rapport de l’Observatoire met enfin en évidence le coût humain de ces orientations budgétaires et de ces choix politiques. Avec 680 nouveaux arrivants en 2013, l’Isère est loin d’être inondée. Pourtant la quasi-totalité de ces personnes, fragilisées par un parcours de fuite et d’errance, ont fait un séjour dans la rue – femmes enceintes et jeunes enfants compris. La majorité des hommes seuls ne bénéficieront jamais d’un hébergement. Ils s’en remettent aux « marchands de sommeil », aux compatriotes, à la solidarité – à votre rue, votre sas de banque, votre hall d’immeuble, vos jardins publics. Le coût social et sanitaire de ces maintiens à la rue dépasse largement les économies réalisées.

Au terme d’une enquête de terrain et d’une analyse cherchant à replacer ce débat passionnel dans son contexte et son ancrage local, l’Observatoire de l’Asile en Isère vise à remettre en perspective les prises de position et les affirmations hâtives, et à offrir des pistes de solution pour les pouvoirs publics et les acteurs de l’hébergement et de l’accueil des demandeurs d’asile. Ces pistes peuvent permettre de mieux conjuguer économies, valeurs républicaines et respect de la dignité humaine.

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