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[ articles sur les Roms à Grenoble, en France et ailleurs ]

Sur la question des Roms, Valls ne tourne pas tout à fait fait la page Sarkozy

source : AFP sur lexpress.fr

Valls veut défaire la politique sur l’immigration du précédent gouvernement

… et il la défait en faisant la même chose sauf qu’il le fait « dans la sérénité ». Super.

Sur la question des Roms, Valls ne tourne pas tout à fait fait la page Sarkozy

Par , publié le 26/07/2012 à 15:38

Mercredi, le ministre de l’Intérieur a exprimé son souhait d’en finir avec la politique d’immigration du précédent exécutif. Mais sur la question des campements roms, il n’a pas hésité à parler de « démantèlement ».

Sur la question des Roms, Valls ne tourne pas tout à fait fait la page Sarkozy
ROMS – Manuel Valls a reconnu qu’il faudrait procéder à un certain nombre de démantèlements de camps roms, tout en soulignant ses différences avec son prédécesseur, Claude Guéant.afp.com/Thierry Zoccolan

Il y a deux ans, presque jour pour jour, Nicolas Sarkozy brisait la langueur de l’été d’une déclaration tapageuse: « Nous allons procéder, d’ici fin septembre, au démantèlement de l’ensemble des camps qui font l’objet d’une décision de justice. » Le discours de Grenoble marquera durablement la fin de son quinquennat du sceau de l’autoritarisme.

C’est sur ce même terrain miné que Manuel Valls a décidé de s’aventurer ce mercredi. Dressant les grandes lignes de sa politique d’immigration, le ministre de l’Intérieur a fait part de sa volonté de tourner la page Claude Guéant. Ce serait donc bloc contre bloc, gauche contre droite, prévention contre répression.

Sauf que cette fois-ci, le discours est plus nuancé, particulièrement sur la question des Roms installés en France. « La situation aujourd’hui à Lyon, à Aix-en-Provence, en Seine-Saint-Denis, dans une partie de l’agglomération lilloise, nous oblige à prendre des décisions de démantèlement », a reconnu le ministre.

« Démantèlement », le mot rythmait jadis la politique de Nicolas Sarkozy et de ses ministres de l’Intérieur. Est-ce à dire que la politique mise en place par l’actuel gouvernement ressemblera à celle tant critiquée de la droite? Non, évidemment. « Je ne dis pas que les démantèlements règlent le problème », a d’ailleurs précisé le ministre de l’Intérieur, qui tient à éviter tout excès.

Cette position, typique de la real politik qu’a toujours défendue l’élu d’Evry, est pour l’heure saluée par les responsables locaux de son propre camp, confrontés à ce type de problème. « Je suis content qu’il reconnaisse qu’il existe des problèmes avec ces camps, se félicite Matthieu Hanotin, député de Seine-Saint-Denis. Ce qui me plaît ici, c’est que Manuel Valls ne prenne pas ce problème par le petit bout de la lorgnette. Le démantèlement, c’est un moyen. Chez Nicolas Sarkozy, c’était la fin. »

Des expulsions, mais aussi de l’insertion

Dans l’idéal de Manuel Valls, ces destructions de campement s’accompagneraient donc d’un ensemble de mesures de réinsertion et d’accompagnement. Elles pourraient s’incarner dans une structure déjà en place dans certains départements: les villages d’insertion. « Il faut imposer à chaque commune de prendre sa part, défend Matthieu Hanotin. Il faudrait pouvoir en installer une telle structure dans chaque bassin de 200 000 ou 300 000 habitants. Nous réclamons des règles, mais il faut qu’elles soient accompagnées d’une philosophie. »

Dans une lettre adressée au collectif Romeurope, le candidat François Hollande avait justement souligné ce point: « Je souhaite que, lorsqu’un campement insalubre est démantelé, des solutions alternatives soient proposées (…) Une politique publique d’accompagnement vers le droit commun dans tous les domaines (social, scolaire, logement, santé, travail) est nécessaire. »

Mais, vu la nature sensible du sujet, Manuel Valls pourra-t-il se contenter de parler de réinsertion? Déjà, mercredi, il a précisé que « l’accès au travail est un des éléments, mais pas le seul ». Ce qui fait craindre à Marie-Pierre Vincent, membre de l’association Solidarité Roms, une poursuite de la politique passée. A Saint-Etienne, elle a vu l’absurdité de la stratégie des expulsions: « Il y a moins d’un mois, le maire socialiste a expulsé 250 Roms d’un camping désaffecté. Ils se sont alors installés sur un terrain à deux pas de là. Le lendemain, ils ont de nouveau été évacués. Ils se sont alors rassemblés face à la mairie. Le surlendemain, direction, sous escorte policière, un parking. Pour enfin échoir sur un terrain qu’ils occupent toujours aujourd’hui dans des conditions insalubres. »

A Valls de trouver les mots qu’il faut

L’année dernière, le collectif Romeurope avait d’ailleurs recensé 15 000 Roms en France, « un chiffre stable depuis une dizaine d’années ». Malgré les objectifs chiffrés brandis par Brice Hortefeux puis Claude Guéant, la situation n’a donc pas évolué.

Quelle autre solution s’offre donc à la nouvelle majorité? En appeler aux instances européennes. « Il est temps que l’Union Européenne rappelle ces pays (la Roumanie et la Bulgarie, ndlr), où souvent ces gens sont pourchassés et vivent de véritables discriminations, à leurs obligations. » Attention toutefois à ne pas brusquer Bruxelles sur ce sujet. Il y a deux ans, la Commission européenne s’était fâchée contre Nicolas Sarkozy et une circulaire, qui pointait spécifiquement les campements Roms. Manuel Valls reprend aujourd’hui le dossier dans le même état. A lui de trouver sa politique et surtout les mots pour l’expliquer.

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