Des sans-abri hébergés d’urgence cet hiver dans un «village mobile» à Villeurbanne (Rhône) ont assigné l’association responsable de ces logements, qui a fermé le centre à la fin de la trêve hivernale sans leur proposer de solution alternative, a-t-on appris mardi auprès de leur avocat.

Les 17 sans-abri, qui sont soutenus par le Mrap, ont assigné en référé l’association de l’Hôtel social (LAHSo) devant le tribunal de grande instance de Lyon, qui examinera leur plainte le 19 mai. «Ce sont des personnes qui n’ont actuellement aucune solution stable et fixe de relogement. Elles sont sans abri parce que l’association n’a pas été en mesure de les aider, et c’est ce qu’on lui reproche», a indiqué Me Mehdi Mahnane, l’avocat des sans-abri.

Les plaignants se fondent sur un article du code de l’action sociale et des familles qui impose un suivi pour toute personne hébergée dans une structure d’urgence, et le droit à y rester tant qu’une «orientation» vers un logement adapté ne lui est pas proposée.

L’association incrimine l’Etat

«On est dans une contradiction impossible puisqu’on doit proposer des solutions, alors que nous ne sommes pas dans la capacité de le faire», a rétorqué Gérard Rongier, directeur général de LASHo. «Ce référé montre bien qu’on est dans l’impossibilité de fonctionner sur un dispositif d’urgence. On a l’expertise mais pas les moyens», a-t-il ajouté.

Gérard Rongier s’est montré inquiet quant aux répercussions que cette plainte pourrait avoir dans le milieu associatif d’hébergement des sans-abri : «Le problème, c’est que l’année prochaine, toutes les associations ne proposeront peut-être pas des dispositifs d’urgence si l’Etat ne s’engage pas à proposer une continuité entre l’hiver et l’été.»

Le village de mobile homes géré par LAHSo à Villeurbanne a fermé ses portes le 31 mars. Quelques sans-abri, soutenus par des militants, avaient alors refusé de quitter le «village». LHASHo ayant refusé de les expulser, le Grand Lyon les a assignés en justice pour «occupation illégale». L’audience aura également lieu le 19 mai.

AFP